… il faut aussi aller sur le terrain !

Chez Damien Mermoud, vigneron passionné et passionnant à Lully (Genève), avec les participants d’un cours d’initiation à la dégustation en 6 séances.

http://www.terre-oenophile.ch

Ecole du Vin à Genève et Lausanne

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On adore ou on déteste (on adore), comme un peu tout ce qui sort de l’ordinaire, du rassurant, du connu. Donc pour ceux qui aiment sortir des pavés battus, on court au restaurant « En mets fais ce qu’il te plait » au 43 rue Chevreul,dans le 7 ème.
Une belle table qui se mérite : ne pas faire trop attention au foutoir de la salle d’accueil (plus grande que la salle du restaurant d’ailleurs, avec ses 5-6 tables) qui sert de bureau, office, vestiaire, avec parfois un sac d’oignons qui traine. Ne pas être trop sensible au dressage des tables (verres et serviettes et c’est tout), être attentif au français approximatif de la patronne japonaise. Savoir apprécier la carte des vins écrite et raturée au style bille.

C’est bon jusque là ? Parce qu’alors, c’est un joli repas qui vous attend ensuite, préparé par Katsumi ISHIDA, cuisinier hors pairs. Talent, simplicité et beaux produits.

Menu unique le samedi soir

Vue de l’extérieur

Et le clafoutis aux cerises était une véritable tuerie …

Ce que le Gault et Millau en dit : »En Mets Fais Ce Qu’Il Te Plaît 14/20 Gastronomique Bistrot et brasserie
Il fait ce qui lui plaît et c’est ce qui nous plaît. Oui, c’est ouvert quand on croit que c’est fermé, le menu semble être décidé quand vous arrivez, le chef est détendu même quand la salle est pleine, jamais vraiment inquiet, et cette zen attitude est un bonheur qui permet de savourer chaque assiette, aussi spontanée, basée sur le marché du jour, tout simplement. Bien imaginée, bien travaillée, poisson ou viande avec la même dextérité, cuisson juste, assaisonnement et condiments bien trouvés. »

Ce que le guide Michelin en dit : « Plutôt bohème, ce restaurant ne se soucie guère des apparences : ses propriétaires japonais nous accueillent un peu comme à la maison… mais que l’on ne s’en formalise pas : dans l’assiette, on découvre de beaux produits, des sauces et cuissons millimétrées, des saveurs subtiles… D’une désarmante sincérité qui fait craquer ! »

Boire un verre juste avant d’aller y manger ?
Ca tombe bien, très sympathique et naturel bar à vin à 50 mètres : En attendant septembre … 

Ramener quelques belles bouteilles de Lyon ? Plein de cavistes à Lyon. Ne pas rater cependant la très centrée, très ancienne et surtout très bien fournie « Maison de Malleval« . On y trouve plein de belles références : Château des Tours, Grange des Pères, Jamet, …

Antic Wine, même si la sélection est moins large, reste aussi un incontournable.

Pour les adeptes du vin naturel, il y a aussi le choix mais on trouvera en tout cas son bonheur au Vercoquin ! Belle sélection et conseils avisés.

Et quelques autres adresses de restaurants qui paraissent top :

https://www.theguardian.com/travel/2017/feb/17/10-best-restaurants-lyon-chosen-by-chefs-experts

BC
terre-oenophile.ch 

 

Rapide feed back de l’atelier de dégustation de jeudi passé. Quelques réflexions aussi.

Au top : Saint-Joseph 2015 rouge Gonon, un vin qui tient son rang et ses promesses. Certes, jeune encore mais le nez est splendide et la bouche racée. Lorsque ce vin a se déployer, dans quelques années, ça va vraiment être une jolie bouteille.

Un flop : Côte Rôtie Sereine Noire Gangloff 2004. Grosse fatigue dans cette bouteille. Peut-être justement une question de bouteille, de stockage ou de bouchon mal embouché … En tout cas on espère que le vin se goute mieux dans d’autres bouteilles, même si le millésime n’est pas énorme on attend tout de même mieux que ce coté vieille cave au nez dans une Côte Rôtie d’une centaine d’euros… La bouche offre cela dit une assez jolie richesse de texture.

Correct mais… Côte Rôtie Jamet 2004. Plus en forme que Gangloff mais dans une direction assez similaire. Peut-être une erreur d’acheter une cuvée « moyen de gamme » dans un petit millésime chez un vigneron ? On imagine les meilleurs raisins partis dans ses grandes cuvées pour le coup. Centaine d’euros aussi quand même le moyen de gamme ..

A top : Côte rôtie Les Grandes Places 1997 Gérin. Un vin qui valide la réputation du lieu-dit Les Grandes Places dans la Côte Brune. Ses 20 ans lui vont bien et on sent encore de la réserve. Puissance et délicatesse. Pas magique mais beau. Autour de 90 euros.

Sympa, typé, race : Saint-Joseph les terres blanches 2015 domaine Monnier. Jeune, à attendre, mais une belle densité à l’attaque, de l’allonge, de la complexité.

Sympa, simple, authentique : Saint-Joseph La Chave 2014 Martine Rouchier. Le coté gourmand du Saint-joseph, charnu, un peu rustique aussi, pas très long mais un bon copain.

Bien, classique : Côte Rôtie Ampodium 2015 Rostaing. Un vin bien calibré, assez élégant, plaisant, cohérent. Un petit manque d’énergie ?

Très bien : Saint-Joseph Le Berceau 2006 Bernard Gripa. Un vin ouvert, charnu, ne manque pas d’élégance ni d’allonge.

Un peu léger : Côte Rôtie Tupin’s 2015 Matthieu Barret. C’est sympa, il y a de l’ampleur à l’attaque, c’est frais, acidulé en finale, net. Un peu court, globalement un peu court pour une Côte Rôtie à 50 euros.

Du fond, quoique un peu léger : Côte Rôtie Coteaux de Bassenon 2014 Stéphan. Dans la même année, le Coteaux de Tupins du même vigneron est juste splendide ! Peut-être parce que 100% Serine Noire (l’ancêtre de la Syrah ou quelque chose comme ça) ? Le Coteaux de Bassenon 2014 n’a pas le même fond, plus léger, moins dense, moins long. Attention, c’est très agréable, mais revient à nouveau la question du rapport qualité prix… Environ 70 euros.

L’objectif de l’atelier de dégustation a globalement été atteint : comprendre les différences aromatiques et gustatives entre la Côte Rôtie et le Saint-Joseph, ces deux appellations réputées et proches. Le plus flagrant était probablement la différence d’ampleur et de finesse des tanins.

Même si on ne peut jamais émettre un avis définitif après une dégustation, je reste sur ma faim, surtout du coté des Côte Rôtie : fatigues prématurées dans les 2004, manque de fond dans certaines cuvées. Une appellation sur cotée ?

Dans sa « Topographie » de tous les vignobles connus »(ouvrage référence publié en 1896) A. Jullien Classe seulement, dans la région, les vins d’Hermitage, rouges et blancs, dans la catégorie des vins de première qualité et les vins de la Côte Rôtie dans la catégorie des vins de deuxième qualité. Voilà qui donne l’idée d’un futur atelier de dégustation : Côte Rôtie VS Hermitage … Histoire de vérifier tout ça !

Terre OEnophile, école du vin à Genève et Lausanne

Voici quelques ouvrages intéressants pour en apprendre plus sur le vin :

Tout d’abord une bd de Ca m’intéresse, très bien faite pour apprendre le b.a.-ba :

Envie de tout savoir sur les cépages du monde ?

Un atlas des vins du monde, du même auteur, une référence :

Un atlas des vins de France, LA référence pour tout ce qui touche aux différents terroirs et à la géologie :

Un guide sur les vins du monde, concis, efficace, une valeur sûre :

Un guide sur les vins de France, pas exhaustif du tout mais malgré tout une bonne sélection parmi les meilleurs domaines viticoles :

Un livre pour essentiel pour comprendre le vin nature mais pas que. Pédagogique, sensible, bien écrit, sans effet de manche, direct à l’essentiel. Très recommandable donc :

Une BD qui donne envie de boire du vin de Bourgogne :

Une BD qui donne envie de boire du vin de Bourgogne (bis:-) :

Une BD qui croque avec humour les amateurs de vin :

Une BD pour mieux comprendre viticulture et élaboration du vin. Un voyage initiatique :

Enfin, un petit livre sympa et instructif :

Bonne lecture !!

BC

Orange is the old white

Publié: mai 10, 2018 dans Dégustation
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Voilà le thème d’un prochain atelier de dégustation dans le cadre des cours de Terre Œnophile !

Le vin orange fait, depuis peu, son grand come back sur la scène gastronomique mondiale. En substance il s’agit de raisins blancs vinifiés comme du vin rouge : avec macération des parties solides, peau, pépins, voire rafle. Et ça se faisait déjà ainsi il y a 5000 parait-il, du coté de la Georgie, Slovénie, nord de l’Italie. Il est aussi  fort probable que cela se faisait naturellement ainsi dans beaucoup de régions viticoles (Suisse, France, Espagne ..).

Cette macération donne une couleur plus soutenue que dans la vinification classique des raisins blancs (sans ou peu de macération) et une couleur plus ou moins orangée, ambrée, selon le temps de macération. Les vins sont également plus tanniques et plus consistants. Quelque part à mi chemin entre la fraicheur du blanc et la structure du rouge. Voilà qui offre donc de nouvelles possibilités à table : risotto divers, volailles à la crème, viandes blanches idem, poissons en sauce ou grillés, cuisine asiatique et même orientale, épicée donc. Même du coté des haricots blanc genre tarbais, traités à la sudiste (ail, tomate, huile d’olives, herbes de Provence ..) avec un joli filet de poisson ou un mignon de porc, … Impérial aussi avec beaucoup de fromages ! A essayer avec une vielle mimolette et un peu de gingembre confit ..

Un avantage aussi pour les amateurs de vin sans trop de sulfites : le vin orange contient plus d’antioxydants que le vin blanc et nécessite donc moins de sulfites (antioxydant).

En goûter un ? Gabrio Bini, en Sicile, propose un excellent Zibibbo, Serragghia, IGP Terre Siciliane, Pantelleria. On le trouve chez More Than Wine en Suisse.

BC

On en rêvait, on l’a fait ! Un atelier de dégustation sur le thème du Riesling d’Alsace et d’Allemagne, les deux vignobles globalement les plus réputés pour ce cépage (ce qui ne retire rien à la belle qualité des Rieslings d’Autriche, d’Australie, …)

Pourquoi le Riesling ? Parce que c’est un des plus grands cépages blancs et peut-être même LE plus grand. C’est en tout cas ce que pensent beaucoup d’amateurs et de professionnels, et ceux-ci aiment dans les meilleurs Rieslings : finesse, minéralité, tension, puissance de l’esprit plutôt que celui du corps, ampleur, sa légèreté de vigoureux et élancé danseur étoile. Entre autres 🙂


Déjà, en 1816, André Julien, lors de la première édition de topographie de tous les vignobles connus, n’attribue la première classe qu’aux vins blancs :
Français :
– Le coteau de Montrachet, quelques crus de la montagne de Reims en Champagne, De Barsac et Sauternes et de l’Hermitage, Chateau Grillet),
Allemands
 :
– Les vins blancs secs du château de Johannisberg, des meilleurs crus de Rudesheim, Steinberg, Gräfenberg, Hochheim,, Le Markobrunn de Kiedrich ( Tous dans la Rheingau), Les crus de Leist et Stein à Wurzburg en Franconie ( du Sylvaner !),
Espagnols
– Vignobles de terres blanches de Xérès) et Madère avec le Sercial ( classé comme vin sec ).

Tous les rieslings allemands de cette première classe sont secs !

La deuxième classe comporte par exemple les meilleurs crus de Meursault ( Perrières, Genevrières, Charmes..), Château Chalon, Arbois, Pupillin, Les meilleurs villages de la Côte des blancs en Champagne, des blancs secs alsaciens de Guebviller, Riquevihr…, jurançon… En Allemagne : les meilleurs villages de la Moselle, les meilleures communes du Palatinat ( Deidesheim).

Chez Julien, l’Allemagne a toujours été le vignoble le plus documenté après la France.

Hugh Johnson, célèbre wine writer, est aussi un grand fan de Riesling, surtout allemand, va même jusqu’à suggérer que le Chardonnay fait figure de grossier personnage face à un beau Riesling. Il se désole aussi de la difficulté (comme tous les autres amateurs de vin) de décrypter l’étiquette d’un vin allemand et de finalement savoir quel vin on va déguster : sec ou doux ou moyennement doux, …Ceci vaut aussi pour l’Alsace, la différence étant que les alsaciens ne mettent guère d’indications, sauf pour signaler un vin carrément doux (Vendange Tardive) ou liquoreux (Sélection de Grains Nobles) … alors qu’il peut y en avoir pléthore de mentions dans le pays d’à coté, dont certaines sont porteuses de confusion : par ex. « Grosses Lage » indique un grand cru pour certains vins (pour les membres du VDP, associations de vignerons réputés) alors que Grosslage » peut désigner un vin assez commun dans le système officiel. Hugh Johnson de dire : difficile de croire qu’ils ne le font pas exprès !


Que faut-il retenir pour comprendre l’étiquette d’un Riesling allemand ?

Si on cherche un vin sec, il faut que le terme Trocken soit indiqué sur l’étiquette. Ou encore « Grosses Gewächs » qui indique un vin sec issu d’un grand terroir.
Si on cherche un vin un peu doux : Spätlese indique la présence d’un sucre résiduel assez perceptible mais flirtant avec le sec ..
Si on cherche un vin doux : Auslese indique un vin plutôt moelleux.
Si on cherche un vin liquoreux (genre Sauternes) :  Beerenauslese et Trockenbeerenauslese (encore plus liquoreux), des sélections de grains nobles, en résumé.

A noter aussi le Kabinett, vin sec de qualité et avec un degré d’alcool assez faible.

Cette classification du degré de sucrosité des vins étant basés sur la richesse en sucre des raisins, il est impératif de comprendre qu’un vin Auslese Trocken est en fait un vin sec issu de raisins assez mûrs .. Idem pour un Spätlese Trocken.

Trocken pourrait donc bien se révéler le terme le plus important pour un amateur de vin blanc sec !

Plus de détails sur la classification des vins allemands ICI


A noter qu’à partir de 2012, les membres du VDP (association des meilleurs vigneron(ne)s allemands) a mis en place un système de classification à la Bourguignonne, avec 4 niveaux de hiérarchie : VDP Gütswein (générique), VDP Ortswein (village), VDP Erste Lage (1er Cru), Grosse Lage (Grand Cru).


A noter BIS que depuis le millésime 2000, les vins peuvent aussi porter la mention «Classic» : min 12° et moins de 15 gr de sucre, et la mention «Sélection» : sec, min 12.2 d’alcool naturel et rendements max 60 hL/ha. Ceci dans la réglementation officielle..


Vous en voulez encore ? On parle du système de différentes couleurs des capsules et des étoiles sur d’étiquette ? Ou on en reste là 🙂 ?


En Alsace, la tendance récente est à informer le consommateur sur le degré de perception du sucre dans les vins avec un simple système de numérotation (1 à 5 il me semble), 1 étant considéré comme sec. Il s’agit là non pas du degré de sucrosité mais de la sensation gustative. En clair, un vin avec 7 gr de sucre par litre se goutera sec, s’il a aussi dans les 7-8 gr d’acide tartrique. 

En fait, un taux de sucre plus élevé que dans d’autres régions viticole n’est pas considéré comme « a big deal », car l’acidité est aussi souvent plus élevée. Ce qui est important pour le vigneron alsacien, c’est l’équilibre en bouche. Qui pourra lui donner tort ?


Maintenant, pourquoi trouve-t-on un peu de sucre résiduel (entre 5 et 15 gr) dans beaucoup de Rieslings allemands et alsaciens, alors qu’à Chablis, par ex. les vins sont secs, c’est à dire avec max 2-3 gr de sucre non fermenté ?

Ce serait culturel d’après certains vignerons. D’une part, apparemment pas d’obligation d’être en dessous des 2-3 gr de sucre comme à Chablis, d’autre part, une perception différente de ce que doit être l’équilibre du vin.
Le vignoble allemand est très septentrional et vraiment à la limite climatique pour faire du vin avec Vitis Vinifera. En clair, la difficulté est d’avoir des raisins mûrs et des vins pas trop acides.
Garder une partie des sucres naturels du raisin pour équilibrer une forte acidité découle donc aussi d’une bonne logique. A une époque, pas si lointaine, beaucoup de vins titraient autour des 8-9 degrés d’alcool et le sucre non transformé représentait quelques dizaines de grammes. L’acidité étant très forte, ces vins sont dans le registre du moelleux tout en gardant de la vivacité et de la légèreté, vu le peu d’alcool.

Comme ce vin dégusté en dernier hier soir, tout à la fin de la dégustation :

Riesling Abstberg auslese 215 1998 Maximin Grünhauser, Von Schubert (Moselle).
Tout en équilibre et délicatesse. Ca fait autour des 8° et c’est doux et rafraichissant à la fois. 20 ans et toutes ses dents, à défaut d’être flamboyant. Très agréable.


Deux autres spécificités (hormis un potentiel sucre résiduel) marquent les Rieslings allemands et alsaciens par rapport à beaucoup d’autres grands vins blancs : 
– pas de barriques mais des cuves inox ou des foudres de plusieurs hectolitres sont utilisées pour la fermentation et l’élevage. Ceci est d’ailleurs globalement le cas de tous les Riesling du monde car ce cépage ne gagne rien à cotoyer la barrique, il y perd au contraire une partie de sa subtilité.

– la fermentation malolactique est peu pratiquée, ceci afin de préserver la fraicheur naturelle du Riesling. Ceci dit, de nombreux vignerons réputés font la « malo », comme Zind-Humbrecht, Ostertag, Barmes-Buecher, alors que d’autres comme le domaine Albert Boxler ou Albert Mann ne la font pas. L’argument contre la malo est que cela rend le Riesling plus « lourd » car en effet, la malo est une forme de désacidification naturelle. L’argument pour la malo est que cela rend les vins plus stables dans le temps et permet d’utilise moins de sulfites.
Il semblerait aussi que le Riesling sur granite gagne à ne pas faire sa malo afin de préserver sa délicatesse initiale, alors que ce serait moins le cas pour le Riesling sur calcaire, à la base peut-être plus en puissance.


Peut-être encore deux points qui peuvent peut-être aussi expliquer la grande qualité du Riesling d’Allemagne et d’Alsace : 
– on estime qu’il faut généralement environ 100 jours entre la floraison et le début des vendanges et que cette durée est nécessaire – entre autres – au développement de la complexité aromatique du raisin. Hors, pour le Riesling , cépage tardif qui prend sont temps, on est plus proche des 120 jours et cela serait très favorable à la finesse aromatique.
– une fermentation longue et à faible température serait un des points clés de la finesse du vin. En Alsace et certainement aussi en Allemagne, chez les vignerons qui ont une approche respectueuse du processus naturel de fermentation, celle-ci peut durer des mois, une année … Ceci tout simplement parce que les vendanges se déroule autour d’octobre, qu’il fait froid et que la fermentation ralentit considérablement en dessous d’une certaine température.


A propos de la fameuse odeur de « pétrole » dans le Riesling, on ne la trouverait que dans les Riesling sur sol plutôt calcaire, alors qu’on serait plus dans le « silex » sur un sol granitique.


Les vins dégustés lors de l’Atelier du 23 avril 2018 :

En substance, une très belle série ! Des vins allemands un peu plus vibrants et déliés et des vins alsaciens un peu plus en puissance, un peu plus riches.

Les 3 vins préférés par les participants :
– Riesling «Nonnenberg» 2015 Weingut Georg Breuer (Rheingau)
Peut-être le tout grand vin de la soirée (avec le JB Becker 1964), cristallin, intense, vibrant.
– Riesling Schlossberg 2008 domaine Albert Mann
Un grand cru à la hauteur de sa réputation, ciselé, précis, ample.
– Riesling Trocken «Doosberg» Grosse Lage 2012 Peter Jacob Kühn
Servi en tout premier, ce vin a mis tout de suite la barre haute et donné le ton des autres Rieslings allemands : délicat, minéral, élégant.

Un vin qui a également bcp marqué, le J.B. Becker 1964 (!) Wallufer Walkenberg Auslese Cabinet 
Bien vivant, fringuant même, avec cet équilibre magique et particulier entre acidité et pointe de moelleux des vieux Riesling allemands:

Deux autres vins se sont également bien distingués :

– Riesling «Clos Windsbuhl» 2010 domaine Zind-HumbrechtAmple, puissant, tendu. Une belle bête en devenir. Grand vin de gastronomie.

-Riesling «Uhlen Laubach» Grosse Lage 2014 Heymann Löwenstein (Moselle)
Une belle attaque ample et en rondeur, suivi par une jolie vivacité qui prend le relais. Minéral, intense.

Peut-être un cran en dessous pour une majorité mais tout de même de très beaux vins, vraiment, vraiment :

– Riesling GG «Aulerde» 2007 Weingut Wittmann
– Riesling Grand Cru « Sommerberg E» 2009 domaine Albert Boxler
– Riesling Grand Cru Muenchberg 2011 Ostertag
– Riesling Grand Cru Hengst 2013 Barmès-Buecher

Et un rien décevant, la cuvée Frédéric Emile 2001 de Trimbach, avec matière un petit peu fluide et un petit manque de longueur. Ceci dit, un vin en forme pour son âge et avec lequel on aura indéniablement du plaisir.

Idem pour le Riesling Auslese Trocken «Zeltinger Sonnenuhr» 2003 Markus Molitor. Peut être l’effet millésime chaud mais le vin se présentait un peu plus pataud et moins éclatant que les autres. A regoûter !
Servi dans la même série le Walkenberg spatlese trocken 2002 J.B. Becker se présentait très joliment, fin, moyennement concentré, délicat, minéral. Le plus intéressant des 3 pour moi.

En conclusion, indéniablement un très grand cépage et vivement la prochaine dégustation de Riesling !

P.S. Ce devrait être en novembre  : Grands Riesling allemands (une sélection des meilleurs cuvées de Mosel, Rheigau, Palatinat, …).

BC

Quelques notes de dégustation, pour mémoire ..

Epesses Braise d’Enfer 2005, toute la délicatesse du Chasselas, plus en fluidité qu’en concentration. Toujours en forme après 12 ans, le signe d’un beau terroir. Apéro + fromage pâte dure jeune.

Petite Arvine Clos de Mangold 2016 domaine Cornulus, un archétype, une réussite, le charnu du cépage, la puissance du lieu (Valais), sans lourdeur. Séducteur. Poisson ou viande blanche en sauce, cuisine épicée.

Gamaret barrique 2012 Nicolat Bonnet (Genève), peut être le meilleur Gamaret jamais dégusté ? Arômes envoutants de fruit noir, bois, épices, .. belle attaque charnue, milieu de bouche assez concentré. La fin de bouche nous rappelle que le Gamaret reste un cépage un peu rustique mais l’ensemble est très joli. Multifonctions à table, viandes, parmigiana, lasagnes, risotto, …

Pinot Noir N 3 Bachtobel (Thurgovie) 2012, très belle réussite que ce PN très septentrional, racé, demi-puissance. Rappelle un peu l’expression d’un Aloxe-Corton par ex. Viandes blanches, mijotés, …

Pinot Noir 2013 Studach (Grisons) en comparaison, un peu plus ample et plus consistant, grande réussite aussi, un must. Idem à table, plus gibier à plumes.

Syrah 2011 Denis Mercier, se présente très bien, épicé, velouté, concentré, demi-puissant à puissant, belle longueur, tout du joli vin à maturité. Automne – Hiver, chasse, agneau, épices, …

Grain Noir 2011 Marie-Thérèse Chappaz, décidément tous les vins se goutent bien ce soir ! Un des assemblages « bordelais » les plus réussis du monde il me semble. Sans caricature, avec de l’élégance et de l’ampleur. Saint- Valentin 🙂

Completer 2007 domaine Boner, un blanc sec d’un intensité inégalée en Suisse, alliant profondeur, moelleux et vivacité. Du fruit mûr, des épices, des notes légèrement oxydatives, du miel. Grand vin de gastronomie, volaille sauce crème et citron confit par ex.

Ambre 1999 Christophe Abbet. Que dire, trop bon  ? 🙂 Un vin purement exceptionnel,  à nul autre pareil et un liquoreux qui peut rivaliser avec les plus grands.

BC

Sex in a glass !

Publié: février 23, 2018 dans Cours de Terre Oenophile
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C’est ainsi que Madeline Triffon, Master Sommelière américaine de renom, a un jour décrit le cépage Pinot Noir.

On verra donc bien ce qui va se passer ce lundi, avec la dégustation de 10 beaux Pinots Noirs et une douzaine de participants ..

Pinot Noir Fenêtres 2016 de Paul Henri Soler, Genève
Pinot Noir de Bourgogne Garance 2014 domaine Montanet Thoden
Pinot Noir «Liaison» 2015 Enderle & Moll, Allemagne
Beaune Grèves 1er Cru 2012 Thomas Morey
Pinot Noir Cuvée Julien 2016 Jean-François Ganevat
Pinot Noir 2015 Claus Preisinger, Autriche
Pinot Noir Little Creek vineyards 2015 Lucy Margaux, Australie
Pinot Noir Malanser 2015 Thomas Studach, Grisons
Nuits Saint-Georges 1er Cru Pruliers 2009 domaine Léchenaut
Mazoyères-Chambertin Grand Cru 2008 domaine Taupenot Merme

Parce qu’on ne s’en lasse pas :

 

BC

 

Le Verasoif n’a plus soif

Publié: janvier 31, 2018 dans Coups de coeur !
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… mais on peut tout de même encore s’en abreuver !

« Tombé » par hasard sur ce blog. A découvrir, même si l’auteur a préféré rendre sa plume.

On peut, entre autres, y apprendre ce qu’est un Cénosillicaphobe…

Leverasoif

BC

Petite dégustation informelle de quelques vins issus du cépage Carignan, durant laquelle 3 cuvées se sont distinguées :

– 100% raisins et vinification naturelle, la cuvée Agusti du domaine de Mena (Corbières) est un bon copain, gourmand, franc, rigolard mais sans manquer de profondeur. Passé un 1er nez un peu maillot de corps vintage, le fruit, les baies, les épices, s’imposent et se prolongent dans une bouche en demi-puissance et un rien acidulée en finale. Une belle « buvabilité » tout en étant un « vrai vin » et non un sirop qui ressemble à du vin… A servir un peu frais avec grillades ou tapas divers. On trouve les vins du domaine chez Axel votre sommelier à Genève.

 

 

 

– 100% raisins et vinification naturelle, Les Armières 2011 du domaine de la Garance (Caux, Languedoc) carafé 2 heures avant, est un beau vin, complet, assez intense, ouvert, racé pour un cépage réputé plutôt rustique et doté d’une assez belle longueur et finesse de tanins. Bluffant en fait … Pour autour des 25.00 c’est quand même pas mal. Chez Axel votre sommelier on trouve le 2014, probablement à attendre un peu.

 

– c’est une référence pour ce cépage, la cuvée « Pièce de roche » 2013 du domaine de la Baronne (Corbières), issus de très vieilles vignes plantées en 1892, est du même niveau, peut-être juste plus en largeur, moins « fuselé », moins d’acidité et cela le rend aujourd’hui plus charmant peut-être, avec, à nouveau, des tanins très civilisés pour le cépage. Il semblerait qu’on ne trouve pas ce vin en Suisse.

BC
http://www.terre-oenophile
Ecole Nomade du Vin