Archives de la catégorie ‘Dégustation’

Quelques jolies  photos prises par une de nos participantes (merci Vivi !)

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Dégustation de vins du Piémont et de Toscane dans le cadre du module 8 d’initiation à la dégustation de Terre Oenophile.

Pas vraiment pris de notes sur le moment (plus occupé à échanger sur les vins avec les participants) mais voici tout de même un petit résumé, avec quelques vins qui valent vraiment le coup !

– Chianti Classico 2013 Rocca di Montegrossi, simple, assez léger, acidulé. A envisager servi un peu frais avec antipasti.
– Bramattera 2012 domaine Noah, domaine prometteur, un peu fermé ce jour là mais le fond est là, un vin qui monte un peu en puissance et finale, droit, entier, demi-puissance.
IGT Toscana « Pian del Ciampolo » Montevertine 2014, fin, élégant, demi-puissance, de la race et de l’élan. Très bien.
Barbera d’Alba 2015 Giuseppe Rinaldi, un pétard ! diraient certains 🙂 Superbe Barbera à la fois gourmande et racée, un beau jus. Top. Une rareté aussi …
Chianti Reserva 2011 Casina di Cornia, le Sangiovese dans toute sa beauté fière et sensuelle, un vin qui exprime un beau terroir.
– Vino Nobile di Montepulciano «Vigna d’Alfiero» 2008 Tenuta Valdipiatta, peut être le moins percutant de la dégustation, rien de mauvais mais manque l’étincelle. Puissant. Plus un vin de matière que d’esprit. Levures sélectionnées en cause ?

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– Barbaresco «Montestefano» 2008 Rivella Serafino, un Barbaresco en demi puissance, frais, accessible, un petit manque de longueur peut-être. Bien dans l’ensemble.
Brunello di Montalcino 2009 Sante Maria, voilà un digne représentant de l’appellation et une belle version du Sangiovese, ample, dense, long, racé. Top
– Barolo «Brunate» 2008 Mario Marengo, une belle densité et de la carrure, typique du Cru Brunate, un vin complet mais encore un peu mutique. Attendre. Bien
Gattinara « Osso San Grato » 2007 Antoniolo, un des vins préférés de la soirée, ouvert, plus en finesse qu’en puissance, un Nebbiolo qui pinote presque ! Début de maturité. Top
– Tignanello 2006 Antinori, un peu comme le Vino Nobile 2008, rien à dire sur l’ensemble mais l’ennui guette..
Cepparello 1998 Isole et Olena, voilà un très beau vin de Toscane à maturité, supplément de chair et de longueur ainsi que des arômes plus subtils que le précédent. Top

BC

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Tout petit feed back de l’atelier « Very best of Switzerland » de jeudi passé, soit la dégustation d’une partie de la crème de la crème des vins suisses. Forcément subjectif, forcément incomplet, mais quand même des vins parmi les plus réputés.

So, who was the best ? Sans conteste (pour ma part) l’Ambre 2007 de Christophe Abbet (Valais), un grand liquoreux à tendance un peu oxydative. Quelle finesse, harmonie, énergie et complexité ! Ca c’est du haut niveau ! On trouve ce nectar chez 20g à Carouge et chez Cave SA à Gland.

La Petite Arvine La louye 2014 de Marie Thérèse Chappaz (Valais) est superbe, sèche, concentrée, gourmande, saline et pamplemousse en finale. A attendre un peu mais un beau vin blanc avec du fond.

L’Epesses Braise d’Enfer 2005 des Frères Dubois (Lavaux) est l’archétype d’un beau Chasselas, tout en finesse, discret à l’ouverture, pas un vin d’attaque ou de milieu de bouche mais un vin de fin de bouche avec son tracé délicat et minéral. Un vin qui prend cependant du volume et du peps à l’oxygénation. A boire déjà mais beaucoup d’années encore devant lui !

Le Pinot Noir 2006 de Martha et Daniel Gantenbein (Grisons) est en pleine forme, dans un style assez concentré pour un Pinot Noir mais sans toutefois manquer trop de finesse. Petite sucrosité perceptible à l’attaque, comme si une partie des raisins étaient flétris. Du volume et de la longueur, le genre de vin qu’on sert quand on ne veut pas se tromper .. Il faudra quand même débourser autour des 150.00 ..


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Le Cornalin 2006 de Denis Mercier, en demi puissance, fruit noir, tanins polis, est en pleine forme, tout comme sa Syrah 2006, plus épicée et charnue. Deux jolis vins qui donneront du plaisir avec une belle chasse ou un belle pasta & bolets.

Coté Tessin, la cuvée Orizzonte 2009 de Christian Zundel est un vin sérieux, un peu carré, encore en devenir il semble. Une côte de boeuf saignante devrait l’attendrir.

Le rare Gamaret barrique de Nicolas Bonnet à Satigny, millésime 2009, est agréable, ouvert, en demi puissance, épicé, tanins légèrement âpres – la rusticité du Gamaret – et devrait procurer un joli moment avec une longeole…

Le Pinot Noir n°3 du Schlossgut Bachtobel (Thurgovie) en 2014 est plus « vif » que dans d’autres millésimes mais plutôt fin et d’une belle pureté. A attendre.

Le Completer « Selvenen » 2006 Donatsch (Grisons) n’est pas dans un bon jour, réduit, limite mercaptan. Ca ne manque pas de caractère ni de volume mais ce n’est pas bien net. A re gouter.

On aurait aussi pu inclure dans cette dégustation un Pinot Noir de Tatasciore (Neuchâtel), ou le Pinot Noir Lago 2007 du domaine du Signolet (meilleur Pinot Noir de Suisse dégusté à ce jour avec la cuvée Le Clos de Marc Balzan à Ayent). Le Completer du domaine Adolf Boner fera surement partie de la prochaine édition, tout comme le Heida du domaine Chanton à Visp. Il faudra aussi trouver des vins de Chez Klausener (Tessin) et trouver une bouteille de Tranquille de Paul-Henri Soler à Genève. Tiens, le Pinot Noir de Thomas Studach (Grisons) pourrait aussi être de la partie ..

Prochaine dégustation sur ce thème en avril 2016.

www.terreoenophile.ch 

BC

5 mn à disposition pour un petit feed back .. c’est mieux que rien, allons-y donc !

Dégustation lundi passé sur le thème « Vignoble du Rhône (FR), un tempérament bisolaire« . Tout est dans le titre et l’idée est donc de comparer vins de la partie sud et vins de la partie nord afin de mieux comprendre les différences, caractéristiques et finalement les préférences individuelles.

On débute par la Syrah 2015 d’Hervé Souhaut en Ardèche, un vin nature plutôt en fraicheur et délicatesse, bien typé Syrah de par son coté épicé et une attaque assez veloutée. Une belle expression variétale du cépage avec tendance fruité frais. Bien.

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A coté, la cuvée St. Martin 2011 AOC Beaumes-de-Venise de la Ferme Saint-Martin. Plus chaleureux et plus muet, en phase un peu ingrate, un rien réduit, un vin sérieux, bien construit, qui devrait être plus causant en situation de repas plutôt qu’un dégustation. Fermé

On attaque les choses sérieuses avec un Cornas 2011 « Chaillot » de Guillaume Gilles. Il se présente bien, ouvert et assez délicat, élancé, gourmand et racé. Un joli vin qu’on peut déjà apprécier et qui devrait avoir encore un peu de temps devant lui. Très très bien.

A Coté, un Vacqueyras Vieilles Vignes 2010 du domaine de la Monardière qui s’affiche droit dans ses bottes, consistant et homogène. Chaleureux mais sans manquer de fraicheur. Bien+ A boire et certainement va tenir encore quelques petites années.

Peut-être le plus grand de la soirée, l’Hermitage « Bessard-Méal » 2011 de Bernard Faurie est certes encore bien jeune mais déjà impérial. Supplément de trame et de longueur ainsi que des tanins plus nobles. Pas d’effets de manche non plus, juste un grand terroir qui s’exprime à travers le travail inspiré d’un grand vigneron. Top !

A coté, le Châteauneuf-du-Pape « Quartz »  2011 du Clos du Caillou, joli vin, en rondeur et modérément charpenté, assez expressif déjà, plaisant, plus en gourmandisequ’en finesse. Bien

Le même vin en 2006 est honorable, sympathique mais peut-être un peu fatigué déjà ..

La Côte Rôtie « Sereine » 2000 d’Yves et Martine Gangloff se présente plutôt bien, élégante, ample, bien « tissée ». Un beau vin ouvert qui donnera du plaisir à table.
Très bien

Le Châteauneuf-du-Pape Beaucastel 1996 est aussi une joli bête, encore en bonne forme. Un vin abouti, patiné, pas forcément très persistant mais avec un bel équilibre chaleur/fraicheur/relief. Très bien

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Goutés à l’aveugle :

Châteauneuf-du-Pape 1998 Pierre André, un joli vin à maturité avec une belle tenue en bouche, cohérent et très charmant avec ses arômes à la fois de fruits mûrs, d’épices et de sous-bois. Très bien.

Hermitage Monier de la Sizeranne 1996 Chapoutier, un vin toujours debout, de puissance moyenne, assez homogène, un peu faiblard en finale mais devrait être une jolie bouteille avec quelques cèpes sautées et de belle pommes de terre rôties à l’ail et au romarin …

Au final, une belle série, rien de vraiment bancal, un tout petit aperçu de la diversité de ce formidable vignoble !

BC

2 vins coups de coeur en novembre

Publié: novembre 17, 2016 dans Dégustation

Voici 2 vins qui se sont particulièrement distingués lors de nos derniers ateliers de dégustation. Leur point commun est principalement le plaisir immédiat ressenti par les participants. Il est en effet rare qu’un vin fasse l’unanimité au sein d’un groupe d’une dizaine de personnes.

– Sancerre Clos de Beaujeu 2013 Gérard Boulay. Un grand classique que le vin de Sancerre, toujours issu du cépage Sauvignon. Ce Clos de Beaujeu, l’équivalent d’un « 1er Cru » en Bourgogne se présente épicé et minéral, l’expression variétale habituelle du Sauvignon, agrumes, végétal, est en retrait, laissant la place au terroir. Assez gras à l’attaque, ample, avec une délicieuse finale acidulée, minérale, presque saline, scintillante, poivrée et longue. Encore en phase de jeunesse mais déjà accessible, soit comme super apéro avec un beau Crottin de Chavignol mi-sec ou en compagnie de crustacés. Environ 30.00 à la Cantina del Mulino (Fribourg, Berne)

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Weinert

– Malbec 2006, Mendoza,  Weinert. Certainement un des meilleurs domaines viticoles d’Argentine et même du « nouveau monde » avec un travail « à l’ancienne » pourrait-on dire, comme c’était plus la norme en Europe il y a quelques décennies : des vins sans esbroufe et bâtis pour la garde. Ce Malbec 2006 est au début de sa maturité, sans aucun signe de fatigue, et se présente impérial, droit et de bonne longueur. La chair du vin est empreinte du soleil de Mendoza, avec une attaque riche, presque onctueuse ; fraicheur et relief tannique prennent harmonieusement le relais en milieu de bouche et la finale est sans lourdeur, plutôt fraiche pour un vin d’Argentine. Un vin d’automne/hiver qui accompagnera avec entrain chasse à poils, mijotés de boeuf, tajines, … autour de 25.00. On trouve les vins de Weinert à la casa de vinos argentinos à Berne

BC

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img_1316Paolo Basso a été sacré meilleur sommelier du monde lors de l’édition 2013 de ce concours qui a lieu tous les 3 ans. Son livre, en collaboration avec Pierre-Emmanuel Buss, « Le vin selon le meilleur sommelier du monde » vient juste de sortir. C’est un ouvrage sobre et construit comme une interview. Paolo Basso délivre conseils et recommandations sur tous les sujets qui intéressent l’amateur de vin : accords mets et vins, dégustation, mise en valeur des vins, coups de coeur et réflexions sur le vin en général.
C’est un peu un livre à « l’ancienne », c’est à dire plus en textes qu’en images. Le fond est privilégié à la forme. Ca se lit cependant très facilement car le texte est aéré et le contenu n’est pas trop technique. On y apprend évidemment plein de choses et l’expérience partagée d’un grand professionnel du vin est toujours une aubaine. De plus, le discours Paolo Basso est rarement vindicatif et jamais polémique. Il sait aborder des sujets sensibles (comme les vins naturels) avec diplomatie et ouverture, s’il n’est pas grand fan, il souligne néanmoins la belle qualité de certains d’entre-eux. De même, sans renier l’importance du terroir sur la qualité et l’identité du vin, il place l’importance du travail du vigneron(ne) sur le même plan, voire comme plus important encore que le terroir, dans certains cas.

En résumé, se lit avec plaisir !

BC

3418ccb2Des trois cépages principaux rouges de Bordeaux, si le cépage Merlot est un charmeur, souvent bien portant et un peu libertin et si le Cabernet Sauvignon est un seigneur aux muscles saillants et au caractère parfois austère, le Cabernet Franc est un troubadour d’origine paysanne. Facétieux et inconditionnellement terrien. Peu de cépages expriment aussi nettement la fraicheur du végétal et le grain de la terre. Le fruit, plutôt tonique, acidulé, vivifiant, est toujours présent mais pas toujours aussi nettement que dans les autres cépages. Après quelques années, l’animal sort du bois et ajoute ses notes de cuir. Le tableau est alors à peu près complet.

Voilà typiquement un grand cépage sous-estimé. Bien qu’étant le 3ème cépage rouge le plus planté dans le bordelais, après le Merlot et le Cabernet Sauvignon, il n’a pas et de loin la même notoriété. Plus acide et tannique que le Merlot, plus rustique et moins ample que le Cabernet Sauvignon. A Bordeaux, il apporte du fruit et de la vigueur dans les assemblages où il est généralement minoritaire, à l’exception par ex. de Cheval Blanc (1er Grand Cru Classé de Saint-Emilion) où il représente environ 60% de l’assemblage.

Bien qu’on en trouve un peu partout – c’est tout de même le 17 ème cépage le plus planté au monde – C’est dans la Loire, en Touraine et en Anjou principalement, que le Cabernet Franc acquis ses discrètes lettres de noblesse. Les appellations Touraine, Saumur-Champigny, Chinon, Bourgueil, Saint-Nicolas de Bourgueil et Anjou sont ses terroirs les plus réputés, hors bordelais.
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La mode dans les années 70-80 du Saumur-Champigny léger – pour ne pas dire faiblard – à boire frais, accoudé au comptoir, casquette grise et gauloise au coin du bec, n’a pas aidé à forger une image glamour. Ce fameux vin mi-rosé mi-rouge qu’on-peut-servir-avec-le-poisson … Plus ou moins à la même glorieuse époque du Beaujolais Nouveau.

imgresSi on doute qu’un troubadour peut faire preuve d’un bel esprit, une dégustation « pro » organisée en 1993 à Paris et mettant en scènes des grands vins de Pomerol (dont Pétrus!) du millésime 1990 prouva le contraire. Un vin « pirate » servi à l’aveugle au milieu de ces prestigieuses étiquettes, fût le vainqueur de cette dégustation et guess what ? C’était un Cabernet Franc de Loire, plus précisément un Saumur-Champigny, cuvée « Le Bourg » du Clos Rougeard, vin devenu mythique depuis ..

La Loire ne donne pas naissance à un seul style de Cabernet Franc, loin de là ! La gamme va du vin léger, fruité, frais, assez coulant, comme certains vins en AOC Touraine ou Anjou rouge, au vin plus charnu et structuré que l’on peut trouver dans les AOC Chinon ou Bourgueil, voire aussi certains Saumur-Champigny comme ceux du Clos Rougeard.

Et ça peut très bien vieillir ! On déguste encore magnifiquement bien des 1989 et 1990 de Patrick Corbineau (Chinon, Touraine). Et il est certain que de plus anciens millésimes encore dans les caves de vignerons doivent être encore superbes.

Le rapport qualité prix est souvent imbattable, comme dans toute région dont la qualité est sous-estimée, en général quand l’esthétique gustative des vins est un peu à contre-courant de l’époque (on ne passe pas impunément du Malbec d’Argentine au Cabernet Franc de Loire).

On trouvera à Genève de beaux vins de Cabernet Franc au Passeur de Vin (Aussi à Lausanne), chez Mi-Food – Mi-Raisin, chez Cave SA.

Quelques domaines à rechercher :

Patrick Corbineau
Domaine de la Chevalerie
Domaine Guiberteau
Domaine Catherine et Pierre Breton
Domaine Sébastien Bobinet
Domaine de la Roche Neuve
Cave des Roches (Lenoir)
Clos Rougeard (rare et un certain prix)

Comme pour la plupart des vins de terroir, il est préférable de déguster ces vins avec au moins 7-8 ans d’évolution, sauf les vins d’entrée de gamme bien sûr. Un carafage sera souvent bénéfique et la température de service ne devrait pas excéder 18° et on évite les verres à dents :-))

BC

C’est dans le cadre du module 5 d’approfondissement de la dégustation et connaissances du vin de Terre Oenophile que nous avons testé des asperges vertes + Comté et un risotto à l’ail des ours. Ces deux excellents mets ont été concoctés par le restaurant l’Artichaut , dans le top 14 à Genève, avec une cuisine savoureuse, inspirée et une carte des vins alléchante !

Plusieurs vins testés avec chaque assiette, sauf avec le Comté : un seul vin, le vin jaune …

Pour en savoir plus sur notre approche des mets et des vins, c’est ICI

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Et pour aller à l’essentiel, deux jolis accords avec les asperges tièdes et Comté :

Le vin 1 : Vin de France « Montis Regalis » 2013 de Dominique Andiran, dans le Gers. Moitié Chardonnay et moitié Ugni Blanc. Un vin fringant, assez tonique, agrûmes, notes « vertes », croquant. Simple, un bon copain, le boute-en-train de l’apéro, le compagnon de moments détendus.

L’assiette : asperges cuites à point, encore croquantes, une petite mousse d’asperges vertes apporte un supplément d’onctuosité et les fines lamelles de Comté apportent du corps et des arômes un peu plus « fermiers ».

L’accord : dans la simplicité, axé sur la fraicheur et le fil conducteur à dominante végétale. Un mariage qui plaira à tout le monde, sans folie ni passion excessive mais avec l’avantage de la tranquillité.

Le vin 2 : Arbois « Fleur de Savagnin » 2012 domaine de la Tournelle. Cépage Savagnin. Un vin plus expressif, plus dense et structuré que Montis Regalis. Plus long en bouche aussi. Un fruit plus mûr, plus épicé.

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L’accord : plus explosif, sur la densité du vin, le gras du Comté et le moelleux du la purée d’asperges. Les arômes du vin et du fromage s’entrelacent en fin de bouche, dans une finale plutôt fusionnelle. Les voisins dormiront moins bien. Un bel accord donc mais le caractère marqué du vin peut d’entrée de jeu déranger un palais à Gewürztraminer …

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Le risotto à l’ail des ours, cuisson parfaite du riz (un rien al dente), texture assez tendre qui tapisse le palais et ma foi un ail des ours pas si fort que ça. Parmesan bien présent. A nouveau, deux jolis accords :

Le vin 1 : la cuvée du dimanche 2014 de Paul-Henri Soler (Mategnin). Cépage Gamaret. Fruité, épicé et le coté un peu sauvage du Gamaret. En bouche assez gourmand. La jeunesse du vin et la rusticité du cépage s’expriment en finale avec un coté un peu rêche. Persistance moyenne.

L’accord : le coté gourmand du vin se fond sur la texture du risotto. Les épices font bon ménage avec l’ail des ours et surtout les tanins du vins paraissent plus civilisés. Le tout est dans la rondeur et la simplicité. Un couple qui fonctionne tout de suite, sans se poser de questions ésotériques.

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Le vin 2 : Château Bel Air Marquis d’Aligre 2000 AOC Margaux. Merlot, Cabernet, Malbec, Petit Verdot. Encore fougueux malgré ses 16 ans mais avec tout de même quelques notes d’évolution. La quarantaine sportive. Un supplément de complexité et de volume, ainsi que des tanins plus fins par rapport au Gamaret.

L’accord : plus intense, le risotto doit s’investir un peu plus avec ce vin nettement expressif, vivant, racé. Un rien plus de compétition au sein du couple mais finalement le vin se laisse attendrir et gagne en maturité. Une belle énergie en ressort.

Et pour finir, le mariage classique d’un Comté (18 mois) et un Vin Jaune 2005 de Jean Bourdy. 

Le vin est un archétype avec ses arômes de mirabelle (eau de vie), ses notes de curry et de fruits secs. Puissant, long, éclatant et déjà assez accessible. Il se fond avec délectation dans les chairs tendres et musclées du Comté. Le fromage, terrien, enraciné, reste impassible devant la démonstration de puissance du vin. Deux produits avec du fond et de l’allonge qui se complètent à merveille.

BC

 

« Comment définir le réel ? Ce que tu ressens, vois, goûtes ou respires, ne sont rien que des impulsions électriques interprétées par ton cerveau. »
The Matrix, Morpheus

Nos sens nous jouent des tours, c’est bien connu, et celui de la vue est certainement le plus troublant, suivi par l’ouïe (le légendaire chant des sirènes). L’adage dit que la première impression est la bonne. Mais peut-être est-ce parce qu’une fois interprétée, l’image conditionne durablement tout le processus d’analyse, le ressenti ?

Gainsbourg a bien identifié cela :

C’est aussi particulièrement vrai en dégustation du vin. Un vin rouge de couleur claire (Poulsard du Jura par ex.) semblera moins attrayant qu’un Malbec d’Argentine, très foncé, sanguin, prometteur. Cette première impression influencera, la plupart du temps, les sensations olfactives et gustatives (on trouvera le Malbec plus intéressant). Alors que dans les faits, un Poulsard peut se révéler bien plus vibrant, subtil et profond qu’un Malbec, souvent boisé, confituré et capiteux (il existe bien sûr aussi de très bons Malbecs ..).

Des études, menées il y a quelques années par Frédéric Brochet, ont mis en évidence l’influence de l’étiquette du vin sur les commentaires d’un large panel de dégustateurs. En gros, le même vin présenté dans une bouteille estampillée Grand Cru et dans une bouteille de « vin de table », genre litron de supermarché, ne recevait pas les mêmes appréciations. Les dégustateurs le trouvaient donc meilleur présenté dans la bouteille de Grand Cru …

Aussi, un vin blanc coloré en rouge se verra plus facilement gratifié de descripteurs aromatiques liés au vin rouge.

Voilà qui rend humble dans l’interprétation du « réel ».

La dégustation à l’aveugle, par ex. un vin servi anonymement dans une carafe, a pour but plus d’objectivité dans l’appréciation du produit.
Mais voilà, dans la plupart des cas la dégustation sera tout de même influencée par différents facteurs.
La couleur bien sûr, mais aussi la personne qui sert le vin (cet ami grand amateur de vin de Bordeaux vous servira-il vraiment un Bourgogne ??) ou encore les mimiques appréciatives du voisin. Les sens et neurones en alerte, la moindre indication, le moindre indice fausseront notre jugement.

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La vraie dégustation à l’aveugle est celle exempte d’un maximum de parasitage, d’où l’idée de notre atelier « Full Blind Tasting », les yeux bandés !

Avec en exclusivité mondiale (si, si…), la dégustation avec des loups vénitiens, un peu retravaillés. En effet, priver du sens de la vue les participants n’empêche pas d’apporter de l’esthétisme, vu de l’extérieur …
D’ailleurs, peut-être rebaptiserons-nous cette dégustation Eyes wide shut tasting ? 

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8 vins pour tester la dégustation privée des représentations habituelles liées au vin, son histoire, sa genèse, son imaginaire. Apprécie-t-on mieux ou moins bien le vin ainsi ? A-t-on besoin de ces représentations pour comprendre et donc mieux apprécier ?
Pas de réponses définitives à ces questions mais quelques pistes de réflexions, suite à l’atelier de jeudi 03 mars 2016.
Tout d’abord, les participants se sont montrés particulièrement concentrés, focalisés .. Très à « l’écoute » de leur odorat et papilles gustatives. Privé de la vue, l’attention se reporte un peu plus sur une « vue de l’intérieur ».

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Ensuite, les participants ont plutôt bien réussi à distinguer différents niveaux de qualité, entre médiocre, moyen de gamme et haut de gamme. A noter qu’un petit protocole de base à été mis en place au début de la dégustation : quelle est la complexité aromatique? quel volume en bouche? quelle longueur? quelle qualité du toucher en fin de bouche?

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Enfin, s’il a parût à certains participants plus difficile de prendre du plaisir avec les vins ainsi dégustés, il s’avère que les deux vins les plus aboutis de la soirée ont aussi été les plus apprécié : Faugères Valinières 2009 de didier Barral, qualifié de beau macho par un des participants, et Château Pontet Canet 2003 Grand Cru Classé de Pauillac, noble et racé.

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Peut-être aussi sensiblement plus de pertinence et de de spontanéité dans les commentaires qu’habituellement. Ainsi, cette remarque sur Sassicaia 2012 (vin icône de Toscane à environ CHF 150.00) : « promet beaucoup de chose de prime abord mais finalement ne tient pas ses promesses … ». Ce qui est, d’après certains professionnels … souvent le cas avec ce vin …

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En résumé, une belle expérience de dégustation et de partage autour du vin.

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Aussi, un grand merci à notre photographe de la soirée ! 

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Prochain atelier Full Blind Tasting le 10 novembre 2016

BC