Archives de la catégorie ‘Cours de Terre Oenophile’

Quelques notes en passant et pour mémoire, sur cet intéressant atelier de dégustation.

Dans le désordre, un très grand vin dégusté : Nuits-Saint-Georges Les Vaucrains 2011 domaine Robert Chevillon. Le Pinot Noir de la Côte de Nuits à son top niveau (ou presque :-). Voilà qui validerait la réputation de ce premier cru !

Toujours excellent : Nuits-Saint-Georges La Maréchale, 2013 JF Mugnier. Elégant et précis.

Un très beau Volnay : 1er Cru Caillerets 2011 domaine de la Pousse d’Or. Un supplément de chair et d’allonge parmi les vins de Volnay dégustés. Un premier Cru fort réputé de l’appellation Volnay.

Un beau Pommard : 1er Cru Fremiers 2010 domaine de Courcel. Concentré, moins « pataud » que d’autres Pommards de la dégustation (en effet, lors de cet atelier, Pommard s’est révélé un peu moins convainquant. Certainement une question de sélection ..).

Très bon et étonnant : Volnay Champans 2014 domaine Joseph Voillot. Etonnant pour le millésime (pas terrible), ce vin se révèle en bonne forme et très agréable, digne de son rang. Le terroir qui prend le dessus sur le millésime ? Champans est un premier cru majeur de l’appellation.

Aussi, joli Pinot Noir 2013 domaine Hubert Lignier, gourmand à l’attaque, un peu ferme en fin de bouche, signature d’un millésime compliqué ? Volnay 1er Cru 2013 domaine de Frédéric Cossard, bien dans la peau, frais et « léger ». Pommard Les Epenots 2005 Joseph Voillot, un brin déviant au nez. Nuits-Saint-Georges Les Vaucrains 2007 domaine Henri Gouges, beau vin, un peu sur la réserve pour le moment. Pommard  « Village » Vaumuriens 2013, à la virilité rustique et gaillarde. Nuits-Saint-Georges Les Pruliers 2010 domaine Lécheneaut, un rien fermé, mais quoi de plus normal pour un joli premier cru jeune comme les Pruliers ?

En Synthèse, Nuits-Saint-Georges a globalement plus convaincu, des vins à la fois un peu plus concentrés et plus élégants.

BC

Publicités

Lors de cette dégustation nous avons pu, d’abord, apprécier de beaux vins, et ensuite comparer des vins réputés des Grisons avec des vins réputés d’autres cantons suisses.

Les objectifs étant de :
– mieux définir les préférences individuelles et de pouvoir « y mettre des mots ».
– découvrir la diversité d’expressions du Pinot Noir en Suisse.
– se faire sa propre opinion sur la hiérarchie qualitative entre cantons viticoles.
– passer un bon moment entre amateurs de vin.

Les vins dégustés, dans l’ordre de service :
N.B. Bouteilles ouvertes le matin et un demi-verre ponctionné afin d’amener un peu plus d’oxygène.

On commence fort et à découvert avec le duo :
Thalheim Chalofe 2016 de Tom Litwan (Argovie) élu vin de l’année en 2016 (millésime 2015) par la Schweizerische Weinzeitung. Frais, délicat, élégant, monte en puissance en fin de bouche, jeune, assez fluide. Très Pinot Noir de Suisse orientale dans la fraicheur et la légèreté. Un vin qui va se développer dans le temps et sera top avec une belle volaille/citrons confits.
Eichholz 2016 d’Irène Grünenfelder (Grisons). 18/20 par le Weinzeitung (millésime 2015). La même élégance que le précédent mais la densité et l’intensité en plus. Un de ceux qui fera le plus « Bourgogne » dans la dégustation, car qu’on le veuille ou non, le spectre bourguignon n’est jamais bien loin lorsqu’on taquine du Pinot Noir …Pintade/jus court/poivre sauvage.

Deuxième duo, à l’aveugle cette fois :
Christof Ruof 2016 (Grisons). Invité de dernière minute à cette dégustation, ce vin est issu d’une production microscopique, vignoble de Jenins. Vinifié et élevé chez la famille Hermann. L’approche est minimaliste et naturelle. Belle intensité et concentration, de la structure aussi. Petite dureté de jeunesse. Gourmand dans l’ensemble. Pas l’élégance et l’élan du Eichholz mais indiscutablement un joli vin. De plus le prix est autour des 30.00 chez Paul Baszanger, les amis du Château. Pâtes fraiches/bolets/vin rouge
Pellegrin 2016 cuvé T(atasciore) (Genève). Si on a bien compris, ce vin est une sélection à la cave faite lors d’une dégustation entre JP Pellegrin, Jacques Tatasciore et un marchand de vin, Studer-vinotek à Lucerne … Genre « c’est trop bon, mettons-le-en-bouteille séparément ! » Ce vin ne serait disponible qu’en Suisse alémanique et pas pour la Suisse romande. Bon, on s’est débrouillé 🙂 Très bien cette cuvée T, homogène, assez dense, un boisé plutôt bien intégré. Beau travail. Filet de boeuf/sauce échalotes/polenta

Troisième série à l’aveugle:
Raissennaz 2013 domaine Henri-Cruchon (Vaud). Un vin doté d’une belle attaque en bouche, concentrée, fruitée, épicée, expressive. Ne manque pas de volume en milieu de bouche mais se durcit et s’amaigrit un poil en fin de bouche pour le moment. Ca lui donne une touche rustique qui n’est pas désagréable du tout et on pense déjà au plaisir de le boire à table avec quelques médaillons de chevreuil et un petit jus réduit, concentré et quelques gouttes d’un très bon balsamique.
Gantenbein 2005 (Grisons). La Rolls Royce des Grisons, même si la concurrence commence à être rude au sein de ce petit vignoble de 400 ha. Le vin le plus âgé de la dégustation. Il est à point d’ailleurs, tout en délicatesse et caresse. La matière est bien présente mais ne gonfle pas ses muscles et laisse plutôt parler la maturité. Tanins assez soyeux. Un bel équilibre, vraiment. Un vin qu’on ne peut pas ne pas aimer. Il y a toutefois comme une fragilité, très sexy pour le moment, qui fait se demander si ce vin a encore un potentiel d’évolution. C’est à dire qu’on pourrait attendre d’un vin autour des 150.00 sur le marché , qu’il se bonifie au moins sur une vingtaine d’année. Mais bon, on est pas à ABE :-). Saint-Valentin/risotto/safran
– Cuvée N°3 2012 Schlossgut Bachtobel (Thurgovie). Evidemment, après le coté Marilyn Monroe du Gantenbein, ce vaillant Pinot Noir de Thurgovie fait ressortir son coté beauté soviétique. Plus vif et austère donc mais un beau fruit et des tanins plutôt élégants. A noter un millésime 2012 pas des plus faciles. Brochet/vin rouge

Quatrième série à l’aveugle :
Pilgrim 2015 Möhr-Niggli (Grisons). 93/100 Guide Parker (millésime 2014). Encore sur la retenue aromatiquement, un belle concentration, de la profondeur. A vin dont on devine le potentiel après quelques années, lorsque les arômes vont se libérer et animer cette belle matière. Tagliatelles fraiches/sauce tomate maison/herbes
Les Calames 2015 domaine Porret (Cortaillod). Un outsider … Cuvée parcellaire élevée en barriques (ce que ne fait à priori pas le domaine avec ses autres vins). Un vin qui se donne déjà un peu, dense, assez moelleux, voire suave en milieu de bouche, des tanins qui prennent le relais. Du relief. Peut être un rien un peu trop de bois mais quelques années devraient l’estomper au profit d’arômes plus fins. Bean vin. Chasse à Plumes
Cuvée N°1 2015 domaine du Signolet (La Neuveville). Autre outsider … homogène, rond, densité moyenne, très agréable dans l’ensemble. Devrait gagner en complexité ces prochaines années. Côte de veau rosée/purée

Cinquième série à l’aveugle :
– Corbassières Coeur de Clos 2015 domaine Cornulus (Valais). Il a tout d’un grand. Eclat, profondeur, densité, longueur, puissance mais aussi finesse. Même si bien entendu encore en phase de jeunesse et donc encore sur la retenue. N.B. Le millésime 2006, dégusté il y a quelques mois, était superbe. Souris d’agneau confite et/ou légumes confits (aubergine, poivron, …).
Unique 2005 Donatsch (Grisons). L’élevage en barrique est un poil plus perceptible dans ce vin doté d’un matière concentrée et assez élancée aussi. Le plus fermé des 2015. Médaillons de marcassin.

Sixième série à l’aveugle :
– Monolith 2014 Obrecht (Grisons). Voilà un vin qui a clairement souffert de passer juste après la série de 2015. 2014 étant globalement un millésime moins en puissance et concentration. Il y a de la finesse, de la présence, de la cohérence, mais un commentaire plus concis attendra la prochaine dégustation de ce vin.
Les Margiles 2014 Tatasciore (Neuchâtel). Monolith ayant fait le travail de transition entre un millésime plutôt dans la puissance et un millésime plus léger mais potentiellement en finesse, cette cuvée Les Margiles peut s’exprimer et elle le fait avec panache … Peut-être le milieu de bouche le plus intense de la soirée, avec un fruit rouge qui claironne gaiement, des tanins soyeux et une belle allonge. On note aussi un peu de CO2, qui, pour ma part, apporte un belle vigueur. Pâtes/langoustines/tomates/persil
Studach 2014 (Grisons). Toujours très bon, complexe, du jus, en demi-puissance, assez fin. Juste un peu moins de volume que le précédent. Mignon de veau/chanterelles

Classement de la soirée, prenant en compte les trois vins préférés de chaque participant (12 en tout) :
1 Ex-aequo : Coeur de Clos Cornulus 2015 et Les Margiles 2004 Tatasciore
2 Gantenbein 2005
3 Eichholz 2016 Irène Grunenfelder

Et juste après, à égalité :
Calames 2015 Porret – Christof Ruof 2016 – Pilgrim 2015 – Studach 2014

Il ressort de cette dégustation que 1) les deux premiers vins ne sont pas des Grisons mais du Valais et de Neuchâtel et que 2) dans les 6 vins qui suivent il y a 5 grisons ! Et concrètement sur ces 8 vins les plus cités dans les préférences des participants, sur les 15 dégustés, il y a donc 5 grisons.

Les Grisons dominent donc mais ne remportent pas la première place.

Quelques remarques : si on retire le Gantenbein 2005, qui bénéficie de plus d’années de maturité, la cuvée Eichholz d’Irène Grunenfelder remporte la première place dans les vins des Grisons. Aussi, Christof Ruof 2016 est certainement Le meilleur rapport qualité/prix avec ses 32.00… Toutes les autres cuvées naviguent plutôt autour des 50.00.
Calames 2016 de Porret, inconnu des classements Parker, Gault et Millau et Weinzeitung, se place très bien.

BC

Atelier de dégustation organisé par Terre Oenophile lundi 03 septembre 2018

Différents classements et palmarès (Gault&Millau, Guide Parker,Weinzeitung, …) le suggèrent : le canton des Grisons fait figure de champion suisse du cépage. Seul un domaine neuchâtelois se place régulièrement sur la première marche du podium : domaine de la Rochette, Jacques Tatasciore.

Olivier Poussier, meilleur sommelier du monde en 2000, exprimait lui, en 2005, que les Grisons et la Thurgovie étaient les vignobles les plus adaptés au Pinot Noir, alors que le Valais était trop chaud (il aurait également plébiscité les vins de Jacques Tatasciore).

Un peu d’info :

Le cépage Pinot Noir serait arrivé en Suisse en 1419, cadeau de Marie de Bourgogne, fille de Philippe le Hardi, aux habitants de Saint-Prex, dans le canton de Vaud. Il porte alors le nom de Servagnin, puis Salvagnin un peu plus tard. Il est introduit en Suisse alémanique durant la guerre de 30 ans (par un mercenaire grisons au service du Dud de Rohan), et vers 1650 et dans le vignoble de Neuchâtel vers 1775 et en valais en 1848.

Le vignoble des Grisons (env. 400 ha) est très réputé pour son Pinot Noir, on le surnomme même la petite Bourgogne de Suisse.. On invoque pour cela un type de sol similaire et surtout une façon très similaire de vinifier et d’élever les vins. Le terroir est pourtant assez différent, avec une géologie variée mais dominée par des cônes de déjections glaciaires appelés « Rüfen » (calcaire et schiste principalement). L’altitude du vignoble est entre 500 à 600 m. Les précipitations sont plus importantes qu’à Beaune par Ex. : 1068 mm à Malans moyenne annuelle contre 762 mm. Le climat est tempéré/frais avec une moyenne de 1695 heures par an d’ensoleillement, pour environ 2000 heures en Bourgogne.

Il est clair que 3 facteurs climatiques façonnent les vins des Grisons :
– le Foehn qui sèche les raisins et permet d’obtenir des vins avec de la puissance.
– le Rhin, tout proche, qui joue le rôle de régulateur thermique.
– une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit, qui permet un murissement lent des raisins, favorisant ainsi le développement d’arômes nobles.

Mais le facteur peut être le plus déterminant
est probablement la volonté, au départ, de quelques-uns de faire un grand vin. On pense notamment à Thomas Donatsch – le premier à utiliser la barrique et à planter du Chardonnay – et à Martha et Daniel Gantenbein. Petits rendements, viticulture/jardinage, sélection drastique des raisins, barriques de premier choix et un positionnement de prix plutôt élevé (permettant ainsi d’investir dans du matériel de qualité, par ex.) Ces vignerons (et d’autres) ont ainsi montré ce qui pouvait être fait. Ils ont tracé la voie.

Et le reste de la Suisse alors ?
L’autre vignoble réputé pour la qualité de son Pinot Noir est Neuchâtel. Sols calcaires, climat tempéré/frais (1700 heures d’ensoleillement), 980 mm de précipitations. Altitude vers 450 m. La star incontestée est Jacques Tatasciore, domaine de la Rochette.
On découvre de plus en plus la belle qualité des vins de Thurgovie, Argovie, Schaffhouse, Zurich, lac de Bienne, … Ces Cantons sont plus frais et globalement plus pluvieux que le reste du pays. Ici, l’importance de micro-climat (lacs, fleuves, …) est primordiale.
Le Valais est généralement considéré – à tord ou à raison – comme trop chaud pour produire de grands Pinots Noirs.
Vaud et surtout Genève, ont la réputation de produire globalement des Pinots Noirs sur le fruit, simples, moins profonds.

L’atelier de dégustation sera une belle occasion pour les participants de se faire leur propre idée, d’une part sur le Pinot Noir en Suisse, et d’autre part, sur la hiérarchie qualitative entre différents cantons. Ceci en dégustant bien sûr la « crème de la crème ».
Evidemment, une seule dégustation ne suffit pas pour graver quoique ce soit dans le marbre, mais avec la dégustation comparative, à l’aveugle, de 6 beaux vins réputés des Grisons et 6 beaux vins réputés d’autres cantons suisses, on pourra déjà voir si les Pinots des Grisons supplantent vraiment le reste de la Suisse.
Et puis, on pourra aussi « élire » nos 3 plus grands Pinots Noirs de Suisse ! 🙂
N.B. Outre les vins très réputés, comme ceux de Tatasciore (NE) ou Pellegrin (GE), par ex., il y aura aussi, quelques outsiders … Soit une quinzaine de vins à déguster !

Résultat de la dégustation suivra !

BC

… il faut aussi aller sur le terrain !

Chez Damien Mermoud, vigneron passionné et passionnant à Lully (Genève), avec les participants d’un cours d’initiation à la dégustation en 6 séances.

http://www.terre-oenophile.ch

Ecole du Vin à Genève et Lausanne

Rapide feed back de l’atelier de dégustation de jeudi passé. Quelques réflexions aussi.

Au top : Saint-Joseph 2015 rouge Gonon, un vin qui tient son rang et ses promesses. Certes, jeune encore mais le nez est splendide et la bouche racée. Lorsque ce vin a se déployer, dans quelques années, ça va vraiment être une jolie bouteille.

Un flop : Côte Rôtie Sereine Noire Gangloff 2004. Grosse fatigue dans cette bouteille. Peut-être justement une question de bouteille, de stockage ou de bouchon mal embouché … En tout cas on espère que le vin se goute mieux dans d’autres bouteilles, même si le millésime n’est pas énorme on attend tout de même mieux que ce coté vieille cave au nez dans une Côte Rôtie d’une centaine d’euros… La bouche offre cela dit une assez jolie richesse de texture.

Correct mais… Côte Rôtie Jamet 2004. Plus en forme que Gangloff mais dans une direction assez similaire. Peut-être une erreur d’acheter une cuvée « moyen de gamme » dans un petit millésime chez un vigneron ? On imagine les meilleurs raisins partis dans ses grandes cuvées pour le coup. Centaine d’euros aussi quand même le moyen de gamme ..

A top : Côte rôtie Les Grandes Places 1997 Gérin. Un vin qui valide la réputation du lieu-dit Les Grandes Places dans la Côte Brune. Ses 20 ans lui vont bien et on sent encore de la réserve. Puissance et délicatesse. Pas magique mais beau. Autour de 90 euros.

Sympa, typé, race : Saint-Joseph les terres blanches 2015 domaine Monnier. Jeune, à attendre, mais une belle densité à l’attaque, de l’allonge, de la complexité.

Sympa, simple, authentique : Saint-Joseph La Chave 2014 Martine Rouchier. Le coté gourmand du Saint-joseph, charnu, un peu rustique aussi, pas très long mais un bon copain.

Bien, classique : Côte Rôtie Ampodium 2015 Rostaing. Un vin bien calibré, assez élégant, plaisant, cohérent. Un petit manque d’énergie ?

Très bien : Saint-Joseph Le Berceau 2006 Bernard Gripa. Un vin ouvert, charnu, ne manque pas d’élégance ni d’allonge.

Un peu léger : Côte Rôtie Tupin’s 2015 Matthieu Barret. C’est sympa, il y a de l’ampleur à l’attaque, c’est frais, acidulé en finale, net. Un peu court, globalement un peu court pour une Côte Rôtie à 50 euros.

Du fond, quoique un peu léger : Côte Rôtie Coteaux de Bassenon 2014 Stéphan. Dans la même année, le Coteaux de Tupins du même vigneron est juste splendide ! Peut-être parce que 100% Serine Noire (l’ancêtre de la Syrah ou quelque chose comme ça) ? Le Coteaux de Bassenon 2014 n’a pas le même fond, plus léger, moins dense, moins long. Attention, c’est très agréable, mais revient à nouveau la question du rapport qualité prix… Environ 70 euros.

L’objectif de l’atelier de dégustation a globalement été atteint : comprendre les différences aromatiques et gustatives entre la Côte Rôtie et le Saint-Joseph, ces deux appellations réputées et proches. Le plus flagrant était probablement la différence d’ampleur et de finesse des tanins.

Même si on ne peut jamais émettre un avis définitif après une dégustation, je reste sur ma faim, surtout du coté des Côte Rôtie : fatigues prématurées dans les 2004, manque de fond dans certaines cuvées. Une appellation sur cotée ?

Dans sa « Topographie » de tous les vignobles connus »(ouvrage référence publié en 1896) A. Jullien Classe seulement, dans la région, les vins d’Hermitage, rouges et blancs, dans la catégorie des vins de première qualité et les vins de la Côte Rôtie dans la catégorie des vins de deuxième qualité. Voilà qui donne l’idée d’un futur atelier de dégustation : Côte Rôtie VS Hermitage … Histoire de vérifier tout ça !

Terre OEnophile, école du vin à Genève et Lausanne

On en rêvait, on l’a fait ! Un atelier de dégustation sur le thème du Riesling d’Alsace et d’Allemagne, les deux vignobles globalement les plus réputés pour ce cépage (ce qui ne retire rien à la belle qualité des Rieslings d’Autriche, d’Australie, …)

Pourquoi le Riesling ? Parce que c’est un des plus grands cépages blancs et peut-être même LE plus grand. C’est en tout cas ce que pensent beaucoup d’amateurs et de professionnels, et ceux-ci aiment dans les meilleurs Rieslings : finesse, minéralité, tension, puissance de l’esprit plutôt que celui du corps, ampleur, sa légèreté de vigoureux et élancé danseur étoile. Entre autres 🙂


Déjà, en 1816, André Julien, lors de la première édition de topographie de tous les vignobles connus, n’attribue la première classe qu’aux vins blancs :
Français :
– Le coteau de Montrachet, quelques crus de la montagne de Reims en Champagne, De Barsac et Sauternes et de l’Hermitage, Chateau Grillet),
Allemands
 :
– Les vins blancs secs du château de Johannisberg, des meilleurs crus de Rudesheim, Steinberg, Gräfenberg, Hochheim,, Le Markobrunn de Kiedrich ( Tous dans la Rheingau), Les crus de Leist et Stein à Wurzburg en Franconie ( du Sylvaner !),
Espagnols
– Vignobles de terres blanches de Xérès) et Madère avec le Sercial ( classé comme vin sec ).

Tous les rieslings allemands de cette première classe sont secs !

La deuxième classe comporte par exemple les meilleurs crus de Meursault ( Perrières, Genevrières, Charmes..), Château Chalon, Arbois, Pupillin, Les meilleurs villages de la Côte des blancs en Champagne, des blancs secs alsaciens de Guebviller, Riquevihr…, jurançon… En Allemagne : les meilleurs villages de la Moselle, les meilleures communes du Palatinat ( Deidesheim).

Chez Julien, l’Allemagne a toujours été le vignoble le plus documenté après la France.

Hugh Johnson, célèbre wine writer, est aussi un grand fan de Riesling, surtout allemand, va même jusqu’à suggérer que le Chardonnay fait figure de grossier personnage face à un beau Riesling. Il se désole aussi de la difficulté (comme tous les autres amateurs de vin) de décrypter l’étiquette d’un vin allemand et de finalement savoir quel vin on va déguster : sec ou doux ou moyennement doux, …Ceci vaut aussi pour l’Alsace, la différence étant que les alsaciens ne mettent guère d’indications, sauf pour signaler un vin carrément doux (Vendange Tardive) ou liquoreux (Sélection de Grains Nobles) … alors qu’il peut y en avoir pléthore de mentions dans le pays d’à coté, dont certaines sont porteuses de confusion : par ex. « Grosses Lage » indique un grand cru pour certains vins (pour les membres du VDP, associations de vignerons réputés) alors que Grosslage » peut désigner un vin assez commun dans le système officiel. Hugh Johnson de dire : difficile de croire qu’ils ne le font pas exprès !


Que faut-il retenir pour comprendre l’étiquette d’un Riesling allemand ?

Si on cherche un vin sec, il faut que le terme Trocken soit indiqué sur l’étiquette. Ou encore « Grosses Gewächs » qui indique un vin sec issu d’un grand terroir.
Si on cherche un vin un peu doux : Spätlese indique la présence d’un sucre résiduel assez perceptible mais flirtant avec le sec ..
Si on cherche un vin doux : Auslese indique un vin plutôt moelleux.
Si on cherche un vin liquoreux (genre Sauternes) :  Beerenauslese et Trockenbeerenauslese (encore plus liquoreux), des sélections de grains nobles, en résumé.

A noter aussi le Kabinett, vin sec de qualité et avec un degré d’alcool assez faible.

Cette classification du degré de sucrosité des vins étant basés sur la richesse en sucre des raisins, il est impératif de comprendre qu’un vin Auslese Trocken est en fait un vin sec issu de raisins assez mûrs .. Idem pour un Spätlese Trocken.

Trocken pourrait donc bien se révéler le terme le plus important pour un amateur de vin blanc sec !

Plus de détails sur la classification des vins allemands ICI


A noter qu’à partir de 2012, les membres du VDP (association des meilleurs vigneron(ne)s allemands) a mis en place un système de classification à la Bourguignonne, avec 4 niveaux de hiérarchie : VDP Gütswein (générique), VDP Ortswein (village), VDP Erste Lage (1er Cru), Grosse Lage (Grand Cru).


A noter BIS que depuis le millésime 2000, les vins peuvent aussi porter la mention «Classic» : min 12° et moins de 15 gr de sucre, et la mention «Sélection» : sec, min 12.2 d’alcool naturel et rendements max 60 hL/ha. Ceci dans la réglementation officielle..


Vous en voulez encore ? On parle du système de différentes couleurs des capsules et des étoiles sur d’étiquette ? Ou on en reste là 🙂 ?


En Alsace, la tendance récente est à informer le consommateur sur le degré de perception du sucre dans les vins avec un simple système de numérotation (1 à 5 il me semble), 1 étant considéré comme sec. Il s’agit là non pas du degré de sucrosité mais de la sensation gustative. En clair, un vin avec 7 gr de sucre par litre se goutera sec, s’il a aussi dans les 7-8 gr d’acide tartrique. 

En fait, un taux de sucre plus élevé que dans d’autres régions viticole n’est pas considéré comme « a big deal », car l’acidité est aussi souvent plus élevée. Ce qui est important pour le vigneron alsacien, c’est l’équilibre en bouche. Qui pourra lui donner tort ?


Maintenant, pourquoi trouve-t-on un peu de sucre résiduel (entre 5 et 15 gr) dans beaucoup de Rieslings allemands et alsaciens, alors qu’à Chablis, par ex. les vins sont secs, c’est à dire avec max 2-3 gr de sucre non fermenté ?

Ce serait culturel d’après certains vignerons. D’une part, apparemment pas d’obligation d’être en dessous des 2-3 gr de sucre comme à Chablis, d’autre part, une perception différente de ce que doit être l’équilibre du vin.
Le vignoble allemand est très septentrional et vraiment à la limite climatique pour faire du vin avec Vitis Vinifera. En clair, la difficulté est d’avoir des raisins mûrs et des vins pas trop acides.
Garder une partie des sucres naturels du raisin pour équilibrer une forte acidité découle donc aussi d’une bonne logique. A une époque, pas si lointaine, beaucoup de vins titraient autour des 8-9 degrés d’alcool et le sucre non transformé représentait quelques dizaines de grammes. L’acidité étant très forte, ces vins sont dans le registre du moelleux tout en gardant de la vivacité et de la légèreté, vu le peu d’alcool.

Comme ce vin dégusté en dernier hier soir, tout à la fin de la dégustation :

Riesling Abstberg auslese 215 1998 Maximin Grünhauser, Von Schubert (Moselle).
Tout en équilibre et délicatesse. Ca fait autour des 8° et c’est doux et rafraichissant à la fois. 20 ans et toutes ses dents, à défaut d’être flamboyant. Très agréable.


Deux autres spécificités (hormis un potentiel sucre résiduel) marquent les Rieslings allemands et alsaciens par rapport à beaucoup d’autres grands vins blancs : 
– pas de barriques mais des cuves inox ou des foudres de plusieurs hectolitres sont utilisées pour la fermentation et l’élevage. Ceci est d’ailleurs globalement le cas de tous les Riesling du monde car ce cépage ne gagne rien à cotoyer la barrique, il y perd au contraire une partie de sa subtilité.

– la fermentation malolactique est peu pratiquée, ceci afin de préserver la fraicheur naturelle du Riesling. Ceci dit, de nombreux vignerons réputés font la « malo », comme Zind-Humbrecht, Ostertag, Barmes-Buecher, alors que d’autres comme le domaine Albert Boxler ou Albert Mann ne la font pas. L’argument contre la malo est que cela rend le Riesling plus « lourd » car en effet, la malo est une forme de désacidification naturelle. L’argument pour la malo est que cela rend les vins plus stables dans le temps et permet d’utilise moins de sulfites.
Il semblerait aussi que le Riesling sur granite gagne à ne pas faire sa malo afin de préserver sa délicatesse initiale, alors que ce serait moins le cas pour le Riesling sur calcaire, à la base peut-être plus en puissance.


Peut-être encore deux points qui peuvent peut-être aussi expliquer la grande qualité du Riesling d’Allemagne et d’Alsace : 
– on estime qu’il faut généralement environ 100 jours entre la floraison et le début des vendanges et que cette durée est nécessaire – entre autres – au développement de la complexité aromatique du raisin. Hors, pour le Riesling , cépage tardif qui prend sont temps, on est plus proche des 120 jours et cela serait très favorable à la finesse aromatique.
– une fermentation longue et à faible température serait un des points clés de la finesse du vin. En Alsace et certainement aussi en Allemagne, chez les vignerons qui ont une approche respectueuse du processus naturel de fermentation, celle-ci peut durer des mois, une année … Ceci tout simplement parce que les vendanges se déroule autour d’octobre, qu’il fait froid et que la fermentation ralentit considérablement en dessous d’une certaine température.


A propos de la fameuse odeur de « pétrole » dans le Riesling, on ne la trouverait que dans les Riesling sur sol plutôt calcaire, alors qu’on serait plus dans le « silex » sur un sol granitique.


Les vins dégustés lors de l’Atelier du 23 avril 2018 :

En substance, une très belle série ! Des vins allemands un peu plus vibrants et déliés et des vins alsaciens un peu plus en puissance, un peu plus riches.

Les 3 vins préférés par les participants :
– Riesling «Nonnenberg» 2015 Weingut Georg Breuer (Rheingau)
Peut-être le tout grand vin de la soirée (avec le JB Becker 1964), cristallin, intense, vibrant.
– Riesling Schlossberg 2008 domaine Albert Mann
Un grand cru à la hauteur de sa réputation, ciselé, précis, ample.
– Riesling Trocken «Doosberg» Grosse Lage 2012 Peter Jacob Kühn
Servi en tout premier, ce vin a mis tout de suite la barre haute et donné le ton des autres Rieslings allemands : délicat, minéral, élégant.

Un vin qui a également bcp marqué, le J.B. Becker 1964 (!) Wallufer Walkenberg Auslese Cabinet 
Bien vivant, fringuant même, avec cet équilibre magique et particulier entre acidité et pointe de moelleux des vieux Riesling allemands:

Deux autres vins se sont également bien distingués :

– Riesling «Clos Windsbuhl» 2010 domaine Zind-HumbrechtAmple, puissant, tendu. Une belle bête en devenir. Grand vin de gastronomie.

-Riesling «Uhlen Laubach» Grosse Lage 2014 Heymann Löwenstein (Moselle)
Une belle attaque ample et en rondeur, suivi par une jolie vivacité qui prend le relais. Minéral, intense.

Peut-être un cran en dessous pour une majorité mais tout de même de très beaux vins, vraiment, vraiment :

– Riesling GG «Aulerde» 2007 Weingut Wittmann
– Riesling Grand Cru « Sommerberg E» 2009 domaine Albert Boxler
– Riesling Grand Cru Muenchberg 2011 Ostertag
– Riesling Grand Cru Hengst 2013 Barmès-Buecher

Et un rien décevant, la cuvée Frédéric Emile 2001 de Trimbach, avec matière un petit peu fluide et un petit manque de longueur. Ceci dit, un vin en forme pour son âge et avec lequel on aura indéniablement du plaisir.

Idem pour le Riesling Auslese Trocken «Zeltinger Sonnenuhr» 2003 Markus Molitor. Peut être l’effet millésime chaud mais le vin se présentait un peu plus pataud et moins éclatant que les autres. A regoûter !
Servi dans la même série le Walkenberg spatlese trocken 2002 J.B. Becker se présentait très joliment, fin, moyennement concentré, délicat, minéral. Le plus intéressant des 3 pour moi.

En conclusion, indéniablement un très grand cépage et vivement la prochaine dégustation de Riesling !

P.S. Ce devrait être en novembre  : Grands Riesling allemands (une sélection des meilleurs cuvées de Mosel, Rheigau, Palatinat, …).

BC

Quelques notes de dégustation, pour mémoire ..

Epesses Braise d’Enfer 2005, toute la délicatesse du Chasselas, plus en fluidité qu’en concentration. Toujours en forme après 12 ans, le signe d’un beau terroir. Apéro + fromage pâte dure jeune.

Petite Arvine Clos de Mangold 2016 domaine Cornulus, un archétype, une réussite, le charnu du cépage, la puissance du lieu (Valais), sans lourdeur. Séducteur. Poisson ou viande blanche en sauce, cuisine épicée.

Gamaret barrique 2012 Nicolat Bonnet (Genève), peut être le meilleur Gamaret jamais dégusté ? Arômes envoutants de fruit noir, bois, épices, .. belle attaque charnue, milieu de bouche assez concentré. La fin de bouche nous rappelle que le Gamaret reste un cépage un peu rustique mais l’ensemble est très joli. Multifonctions à table, viandes, parmigiana, lasagnes, risotto, …

Pinot Noir N 3 Bachtobel (Thurgovie) 2012, très belle réussite que ce PN très septentrional, racé, demi-puissance. Rappelle un peu l’expression d’un Aloxe-Corton par ex. Viandes blanches, mijotés, …

Pinot Noir 2013 Studach (Grisons) en comparaison, un peu plus ample et plus consistant, grande réussite aussi, un must. Idem à table, plus gibier à plumes.

Syrah 2011 Denis Mercier, se présente très bien, épicé, velouté, concentré, demi-puissant à puissant, belle longueur, tout du joli vin à maturité. Automne – Hiver, chasse, agneau, épices, …

Grain Noir 2011 Marie-Thérèse Chappaz, décidément tous les vins se goutent bien ce soir ! Un des assemblages « bordelais » les plus réussis du monde il me semble. Sans caricature, avec de l’élégance et de l’ampleur. Saint- Valentin 🙂

Completer 2007 domaine Boner, un blanc sec d’un intensité inégalée en Suisse, alliant profondeur, moelleux et vivacité. Du fruit mûr, des épices, des notes légèrement oxydatives, du miel. Grand vin de gastronomie, volaille sauce crème et citron confit par ex.

Ambre 1999 Christophe Abbet. Que dire, trop bon  ? 🙂 Un vin purement exceptionnel,  à nul autre pareil et un liquoreux qui peut rivaliser avec les plus grands.

BC

Sex in a glass !

Publié: février 23, 2018 dans Cours de Terre Oenophile
Tags:

C’est ainsi que Madeline Triffon, Master Sommelière américaine de renom, a un jour décrit le cépage Pinot Noir.

On verra donc bien ce qui va se passer ce lundi, avec la dégustation de 10 beaux Pinots Noirs et une douzaine de participants ..

Pinot Noir Fenêtres 2016 de Paul Henri Soler, Genève
Pinot Noir de Bourgogne Garance 2014 domaine Montanet Thoden
Pinot Noir «Liaison» 2015 Enderle & Moll, Allemagne
Beaune Grèves 1er Cru 2012 Thomas Morey
Pinot Noir Cuvée Julien 2016 Jean-François Ganevat
Pinot Noir 2015 Claus Preisinger, Autriche
Pinot Noir Little Creek vineyards 2015 Lucy Margaux, Australie
Pinot Noir Malanser 2015 Thomas Studach, Grisons
Nuits Saint-Georges 1er Cru Pruliers 2009 domaine Léchenaut
Mazoyères-Chambertin Grand Cru 2008 domaine Taupenot Merme

Parce qu’on ne s’en lasse pas :

 

BC

 

Un bon cadeau pour un cours d’oenologie chez www.terre-oenophile.ch, comment ça fonctionne ?

D’abord ça fonctionne bien 🙂 Très bien même ! :

Rapidité : le bon cadeau est envoyé par mail dans les 10 secondes qui suivent la commande.

Choix : plusieurs possibilités sont offertes, des initiations en soirée ou le WE, une ou plusieurs séances et des ateliers de dégustation à thème pour les plus passionnés.

bon cadeau oenologie

Fréquence des cours : les cours et ateliers de dégustation ont lieu de nombreuses fois par année. Cela permet au destinataire du bon cadeau de trouver une date qui lui convienne durant la validité de son bon (12 mois).

Possibilité de se perfectionner : le destinataire du bon cadeau peut ensuite se perfectionner avec les différents niveaux d’initiation à la dégustation.

Facilité d’inscription aux cours : le code personnel sur le bon cadeau permet au destinataire de déduire le montant qui a été offert directement sur notre site Internet.

Expérience : nos bons cadeaux existent depuis presque 10 ans.

Un retour client positif : voir les commentaires de nos clients ICI

Voir notre agenda des cours d’oenologie et dégustation de vin ICI

Bonnes dégustations !

BC

Ecole du vin à Genève et Lausanne

Si devenir un véritable connaisseur prend évidemment des années, tant le monde du vin est vaste et complexe, il est cependant possible de rapidement franchir la première étape, qui consiste à acquérir :

  • les bons gestes de la dégustation
  • le bon vocabulaire, la bonne terminologie (cépages, appellations, cuvées, crus, etc, …)
  • une vue d’ensemble des principaux vignobles
  • une meilleure compréhension de ses propres goûts
  • les notions de base pour mettre le vin en valeur à table (verrerie, température, carafage, accords mets et vins)
  • et surtout, un bon esprit, une bonne approche : de l’ouverture, de la curiosité, de l’humilité, de l’émerveillement, ..

Lully

C’est un peu (beaucoup) la «mission» que s’est donnée Terre Oenophile, Ecole Nomade du Vin : offrir les bonnes clés, à travers nos cours et ateliers de dégustation.

Il y a deux manières de s’initier au monde du vin : rester en surface, en mode technique et factuel ou aller plus en profondeur, se connecter réellement aux sensations perçues et percevoir ainsi le vin comme «un moyen d’ouverture sur le monde sensible».
La deuxième manière est bien sûr plus enrichissante, plus ludique et donne accès au véritable message dans la bouteille.. Car voilà, le véritable amateur (trice) de vin ne goûte pas seulement des arômes et des saveurs mais surtout l’expression d’un lieu, un discours, un engagement, une originalité, une pureté, une vibration, le charme d’un défaut, une évidence, une beauté (parfois inaccessible sur le moment), la simplicité ou la grandeur, la jeunesse et la maturité, le déclin parfois, la vie en somme.

Salvator Dali disait « Qui sait déguster ne boit plus jamais de vin mais goûte des secrets » .

Nous proposons plusieurs modules de cours pour – réellement – progresser dans la connaissance du vin et apprendre à « goûter des secrets ».

Chaque module a un objectif précis, au plus proche des besoins concrets des amateurs de vin en herbe. Ces cours sont «modulables», ce qui signifie qu’il n’est pas obligatoire de les suivre dans l’ordre.

Voici un résumé de nos 9 modules de cours, dans un ordre idéal de progression :

– S’initier à la dégustation
Tout d’abord, il parait judicieux de s’initier au b.a.-ba de la dégustation : connaitre les différentes étapes, les gestes, le vocabulaire, savoir «interpréter» les arômes. En résumé, apprendre à faire connaissance avec le vin !
Module 1 : initiation à la dégustation (2h45)

– «Taster» le goût des grands crus
Ensuite, il est important de bien comprendre les critères de qualité en dégustation, ainsi que la notion de hiérarchie qualitative entre les vins. Pour cela, rien de telle que la dégustation comparative de vins de différentes qualités (médiocre, moyen de gamme, Grand Cru). L’objectif est d’être capable, à terme, de goûter objectivement la qualité d’un vin, qu’on l’apprécie ou non.
Module 2 : Grands Crus ?! (2h45)

– Forger son propre goût
Une fois compris les critères essentiels pour bien déguster, il est temps d’apprendre à choisir le vin. Un tour du monde des grands terroirs permettra de découvrir et de comparer des vins de haute expression : Bourgogne 1er Cru, Cru de Bordeaux, Barolo, Brunello di Montalcino, Priorat, … Une excellente façon de forger son propre goût et d’intégrer les notions de légèreté, demi-puissance, puissance, richesse, vivacité, …
Module 3 et 4: tour du monde des grands terroirs (2 x 2h45 ou journée de 5h)

– Comprendre comment c’est fait
On comprend bien mieux un produit si on sait comment c’est fait. Pour cela, une visite dans un domaine viticole s’impose. Plus qu’une simple visite/dégustation, un vigneron ou une vigneronne se rend disponible pour expliquer son travail, de la vigne à la bouteille.
Module 5 : visite dans un domaine viticole (2h45)

– Comprendre la dynamique des accords mets et vins
La finalité du vin – la plupart du temps – c’est d’accompagner un repas ! Marier mets et vins peut paraître relever de l’art, voire de la sorcellerie ou encore du domaine du bluff .. Il y a peut-être un peu de tout ça mais on peut très bien s’en sortir avec quelques règles de base. Théorie et pratique dans ce
Module 6 : Met & Vins (2h45)

– Connaitre le goût et les caractéristiques des vins les plus réputés
C’est un passage un peu obligé lorsqu’on s’intéresse vraiment au vin : comprendre les vins de Bordeaux, de Bourgogne, de la Vallée du Rhône, du Piémont et de la Toscane. Il y en a beaucoup d’autres, mais dans un ordre de priorité, il est judicieux de commencer par ces régions fortement réputées. On les comprendra plus rapidement si on a la chance de pouvoir les comparer et c’est tout l’objectif des Modules 7, 8 et 9 ! (3 x 2h45)

Envie d’en savoir plus ?

Tout le programme sur notre site Internet : www.terre-oenophile.ch

BC