Archives de la catégorie ‘Conseils d’achats’

img_1316Paolo Basso a été sacré meilleur sommelier du monde lors de l’édition 2013 de ce concours qui a lieu tous les 3 ans. Son livre, en collaboration avec Pierre-Emmanuel Buss, « Le vin selon le meilleur sommelier du monde » vient juste de sortir. C’est un ouvrage sobre et construit comme une interview. Paolo Basso délivre conseils et recommandations sur tous les sujets qui intéressent l’amateur de vin : accords mets et vins, dégustation, mise en valeur des vins, coups de coeur et réflexions sur le vin en général.
C’est un peu un livre à « l’ancienne », c’est à dire plus en textes qu’en images. Le fond est privilégié à la forme. Ca se lit cependant très facilement car le texte est aéré et le contenu n’est pas trop technique. On y apprend évidemment plein de choses et l’expérience partagée d’un grand professionnel du vin est toujours une aubaine. De plus, le discours Paolo Basso est rarement vindicatif et jamais polémique. Il sait aborder des sujets sensibles (comme les vins naturels) avec diplomatie et ouverture, s’il n’est pas grand fan, il souligne néanmoins la belle qualité de certains d’entre-eux. De même, sans renier l’importance du terroir sur la qualité et l’identité du vin, il place l’importance du travail du vigneron(ne) sur le même plan, voire comme plus important encore que le terroir, dans certains cas.

En résumé, se lit avec plaisir !

BC

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Et un titre accrocheur, un ! 🙂

On souhaite bien sûr au Portugal de remporter l’euro 2016 de football, mais en attendant ce pays a bien gagné un tournoi oenologique  hier à Genève !

Dans le cadre d’une animation oenologique d’entreprise et en clin d’oeil à l’euro 2016, nous avons confronté 6 pays représentés chacun par un vin issu majoritairement d’un ou plusieurs cépages autochtones.

3 matchs avec tirage au sort des compétiteurs et notations des vins par chaque participants selon des critères précis :

Notation 1

Match 1 Suisse – Espagne
Suisse Genève «Absolu» domaine des Curiades 2014
Espagne Priorat «Terram» Sao del Coster 2013
Gagnant aux points : L’Espagne ! 

Commentaires : L’Absolu (Gamaret majoritaire) est certainement un des meilleurs vins suisses dégusté depuis longtemps ! Ce n’est pas un vin bâti sur la complexité est la profondeur mais plutôt sur la gourmandise avec ce qu’il faut de pulpe et de fraicheur. C’est un vin sans sulfites.
Terram (Garnacha et Carinena) est encore dans sa gangue de jeunesse mais il a effectivement plus de potentiel, de puissance et plus de race.

casa-boal-grand-cru-reserve-2011-douro-docMatch 2 France – Portugal
Cahors «La Marguerite» domaine Cosse-Maisonneuve 2013
Douro Reserva Tinto Casa Boal 2011
Gagnant aux points : Le Portugal ! 

Commentaires : La Marguerite est un Cahors (Malbec) superlatif en termes de finesse, vigueur, éclat, longueur, … Un vin qui ne cherche pas à rouler des épaules mais travaille plutôt ses entrechats. Un dégustateur l’a comparé à un Pinot Noir de Bourgogne. Voilà qui ferait certainement plaisir aux vignerons ! La vigueur de sa jeunesse l’a desservi dans ce match.
Le Reserva de Casa Boal (Touriga Franca, Touriga Nacional, Aragonez et Sousão) se présente ouvert, poli, patiné et harmonieux malgré une pointe d’alcool un peu dominante en finale. Globalement du beau travail, un vin de plaisir et de détente à apprécier avec un Cozido a Portuguesa.

Match 3 Autriche – Italie
Burgenland Leithaberg «Blaufränkisch» Birgit Braunstein 2011
Colline Lucchesi Tenuta di Valgiano 2012
Gagnant aux points : L’Italie ! 

Commentaires : Le Blaufränkisch (c’est le cépage) se présente puissant et un peu rustique à l’ouverture. L’aération l’adoucit et dévoile un joli vin identitaire, peut-être pas en finesse mais sincère et de bonne corpulence. Tenuta di Valgiano (Sangiovese dominant) est plus en dentelle et plus élancé. Encore en phase de jeunesse il faudrait idéalement attendre encore 3 ou 4 ans pour l’apprécier pleinement.

On remarquera que les vins du « sud » ont été préférés aux vins plus au nord

Pour définir le finaliste des trois pays gagnants de ce premier round oenologique nous avons simplement comptabilisé le nb de points remportés par chaque vin.

Et the winner is le Portugal !

Bravo donc à Victor Boal, le vigneron de ce Casa Boal Reserva 2011.

N.B. On trouve ce vin au Caves du Palais de Justice à Genève et ICI

Salutations

Bruno Carroy

www.terre-oenophile.ch

3418ccb2Des trois cépages principaux rouges de Bordeaux, si le cépage Merlot est un charmeur, souvent bien portant et un peu libertin et si le Cabernet Sauvignon est un seigneur aux muscles saillants et au caractère parfois austère, le Cabernet Franc est un troubadour d’origine paysanne. Facétieux et inconditionnellement terrien. Peu de cépages expriment aussi nettement la fraicheur du végétal et le grain de la terre. Le fruit, plutôt tonique, acidulé, vivifiant, est toujours présent mais pas toujours aussi nettement que dans les autres cépages. Après quelques années, l’animal sort du bois et ajoute ses notes de cuir. Le tableau est alors à peu près complet.

Voilà typiquement un grand cépage sous-estimé. Bien qu’étant le 3ème cépage rouge le plus planté dans le bordelais, après le Merlot et le Cabernet Sauvignon, il n’a pas et de loin la même notoriété. Plus acide et tannique que le Merlot, plus rustique et moins ample que le Cabernet Sauvignon. A Bordeaux, il apporte du fruit et de la vigueur dans les assemblages où il est généralement minoritaire, à l’exception par ex. de Cheval Blanc (1er Grand Cru Classé de Saint-Emilion) où il représente environ 60% de l’assemblage.

Bien qu’on en trouve un peu partout – c’est tout de même le 17 ème cépage le plus planté au monde – C’est dans la Loire, en Touraine et en Anjou principalement, que le Cabernet Franc acquis ses discrètes lettres de noblesse. Les appellations Touraine, Saumur-Champigny, Chinon, Bourgueil, Saint-Nicolas de Bourgueil et Anjou sont ses terroirs les plus réputés, hors bordelais.
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La mode dans les années 70-80 du Saumur-Champigny léger – pour ne pas dire faiblard – à boire frais, accoudé au comptoir, casquette grise et gauloise au coin du bec, n’a pas aidé à forger une image glamour. Ce fameux vin mi-rosé mi-rouge qu’on-peut-servir-avec-le-poisson … Plus ou moins à la même glorieuse époque du Beaujolais Nouveau.

imgresSi on doute qu’un troubadour peut faire preuve d’un bel esprit, une dégustation « pro » organisée en 1993 à Paris et mettant en scènes des grands vins de Pomerol (dont Pétrus!) du millésime 1990 prouva le contraire. Un vin « pirate » servi à l’aveugle au milieu de ces prestigieuses étiquettes, fût le vainqueur de cette dégustation et guess what ? C’était un Cabernet Franc de Loire, plus précisément un Saumur-Champigny, cuvée « Le Bourg » du Clos Rougeard, vin devenu mythique depuis ..

La Loire ne donne pas naissance à un seul style de Cabernet Franc, loin de là ! La gamme va du vin léger, fruité, frais, assez coulant, comme certains vins en AOC Touraine ou Anjou rouge, au vin plus charnu et structuré que l’on peut trouver dans les AOC Chinon ou Bourgueil, voire aussi certains Saumur-Champigny comme ceux du Clos Rougeard.

Et ça peut très bien vieillir ! On déguste encore magnifiquement bien des 1989 et 1990 de Patrick Corbineau (Chinon, Touraine). Et il est certain que de plus anciens millésimes encore dans les caves de vignerons doivent être encore superbes.

Le rapport qualité prix est souvent imbattable, comme dans toute région dont la qualité est sous-estimée, en général quand l’esthétique gustative des vins est un peu à contre-courant de l’époque (on ne passe pas impunément du Malbec d’Argentine au Cabernet Franc de Loire).

On trouvera à Genève de beaux vins de Cabernet Franc au Passeur de Vin (Aussi à Lausanne), chez Mi-Food – Mi-Raisin, chez Cave SA.

Quelques domaines à rechercher :

Patrick Corbineau
Domaine de la Chevalerie
Domaine Guiberteau
Domaine Catherine et Pierre Breton
Domaine Sébastien Bobinet
Domaine de la Roche Neuve
Cave des Roches (Lenoir)
Clos Rougeard (rare et un certain prix)

Comme pour la plupart des vins de terroir, il est préférable de déguster ces vins avec au moins 7-8 ans d’évolution, sauf les vins d’entrée de gamme bien sûr. Un carafage sera souvent bénéfique et la température de service ne devrait pas excéder 18° et on évite les verres à dents :-))

BC

C’est étonnant de voir que les Nord-Américains, réputés pas très fins du palais, voire pas très fins en général, sont ceux (avec les Britanniques) qui délivrent, à mon avis, les meilleurs écrits sur le vin.

Acheté avant hier le livre récemment traduit de Jay Mc Inerney, Bacchus et moi, récit très bien mené, drôle et enrichissant des expériences de l’auteur avec le monde du vin.

Bacchus et moi

 

Extrait de Bacchus et moi
Il y a peu Alice Feiring, critique gastronomique américaine, nous a offert un chouette récit de ses aventures dans le monde du vin naturel.

Le vin nu, Alice Feiring

Les scènes cinématographiques au sujet du vin les plus cultes sont sans doute dans le film américain Sideways avec le fantastique Paul Giamatti.

Il y a bien sûr aussi pas mal de livres intéressants écrits par des Français mais il semble que la mode actuelle soit plutôt à la polémique :

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On sent d’ailleurs cette tendance à la polémique en France sur les blogs et sur Facebook, ça tacle plus que ça n’informe, on est pour ou on est contre, avec ou sans soufre, pour ou contre Bettane et Desseauve, pour ou contre la Revue des Vin de France. Pendant ce temps là, ailleurs dans le monde …

Comme dirait Nabila « Allo, non mais allo quoi, t’es le pays du vin, allo, allo ! »

BC

A la question comment choisir le vin, deux guides apportent des réponses : le guide des meilleurs vins de France, grand frère de la revue des vins de France et le guide des vins Bettane et Desseauve (d’ailleurs des anciens de la revue des vins de France).

Ce sont deux guides français et ça traite seulement des vins de France, ce qui est évidemment très regrettable pour l’amateur de vin curieux, par définition, de découvrir des vins de tout horizon, mais très certainement viendra s’ajouter dans le futur une sélection de vins étrangers. Une des clés du succès des guide des vins de Robert Parker ou de Hugh Johnson est la grande ouverture aux meilleurs vins du monde entier.

Pour le moment, une telle chose n’existe pas en francophonie.

Ceci étant dit, quelles précieuses sources d’informations que ces deux guides ! Et quel travail, avec une mise à jour chaque année !

Guide Bettane et Desseauve et guide meilleurs vins de France 2015

Maintenant, lequel acheté ? Et bien, idéalement il faudrait acheter les deux ! C’est d’ailleurs ce que j’ai fait 🙂
Le guide de la revue des vins de France est un poil plus élitiste dans sa sélection. C’est plus écrémé, un peu trop peut être d’ailleurs, mais les commentaires sur les domaines et les vins sont généralement plus complets, plus fouillés.

Par exemple, l’excellent domaine Charvin (Châteauneuf-du-Pape) traité par B & D donne quelque chose d’assez laconique et peu encourageant :

Bettane Desseauve 2015 Domaine Charvin

Bettane Desseauve 2015 Domaine Charvin

Le guide de la RVF fait quand même plus envie ! On notera aussi la différence d’appréciation du Châteauneuf-du-Pape 2012 … :

Guide revue des vins de France 2015 Charvin

Guide revue des vins de France 2015 Charvin

Le système de notation des domaines viticoles est aussi différent. De 0 à 3 étoiles dans le guide de la revue des vins de France et de 0 à 5 étoiles dans le Bettane et Desseauve.

Peut-être l’option 0 à 3 étoiles a le mérite d’être plus simple et plus cohérente, un peu comme les macarons du guide Michelin. 1 macaron c’est déjà, en principe, une belle adresse !
Le 0 à 5 étoiles du B & D s’apparente plus aux étoiles des hôtels. 1 étoiles, en général c’est pas Byzance et 2 étoiles ça peut être très très variable comme qualité … En gros c’est à partir de 3 étoiles que ça commence à être d’un bon standing.

Le gros avantage du guide Bettane et Desseauve c’est une sélection plus large, avec non seulement des pointures du vignobles mais aussi des domaines moins connus et des jeunes vignerons qui viennent de s’installer depuis pas si longtemps.

Par exemple, le domaine David Beaupère à Juliénas, un vigneron à ne pas rater dans cette appellation mais pourtant absent du guide des meilleurs vins de France :

Guide Bettane Desseauve 2015 David Beaupère

Guide Bettane Desseauve 2015 David Beaupère

Aucun guide des vins ne saurait être parfait et parfaitement complet, tant il y a de différents domaines viticoles, sans compter les affinités, les amitiés, parfois aussi les intérêts et bien sûr les goûts du moment du journaliste qui déguste ou encore l’état du vin le jour de la dégustation.

Ces deux guides offrent une belle source de connaissance, même si les domaines absents dans ces deux guides laissent songeur, voire dubitatif. La liste serait trop longue, mais il serait bien de ne pas attendre que Julie Balagny (Fleurie) soit à la retraite pour la citer, tant ses vins sont élégants et transcendent le Gamay ! La cuvée Simone 2012 est un must, de la véritable dentelle. Bernard Faurie, qui lui approche à grand pas de la retraite produit tout de même parmi les meilleurs Hermitages. Etc.

Mais finalement tant mieux. Il reste donc encore énormément de vins et vignerons à découvrir par soi-même, au détour d’un chemin ou au coin d’un bar à vin !

BC

Un peu de temps pour lire pendant les vacances ? Voici quelques ouvrages pour mieux comprendre l’univers complexe et passionnant du vin : Tout d’abord une grande réussite de « Ca m’intéresse » avec Le Vin, qui traite du sujet en bande dessinée. De la vigne au verre, une belle source de connaissances ! Ca m'intéresse Le Vin Ensuite et toujours en bd, Mimi, Fifi et Glouglou ou les tribulations oenophiles de 3 compères portés sur la dégustation. C’est drôle et ça sent le vécu ! IMG_0287 IMG_0288 Plus engagé et riche en informations essentielles Le vin au naturel de François Morel est un must pour qui veut vraiment comprendre ce qu’il y dans son verre … IMG_0283 Les aventure de la journaliste Alice Feiring dans sa quête du vin naturel. Le Vin Nu se lit d’une traite et donne envie de boire un verre … de vin naturel ! IMG_0284 Pour répondre aux questions de base sur le vin Pierre Casamayor nous livre Le vin en 80 questions. Concis et documenté. IMG_0285 Dans le même registre Myriam Huet réussit un résumé encyclopédique, facile à consulter et hautement pédagogique dans Le vin pour tous. Petit format et petit prix sont aussi des atouts ! IMG_0286 Olivier Bernard, le propriétaire du domaine de Chevalier à Pessac-Léognan en est certain, les grands vins ont à voir avec le fameux 45ème parallèle. Dans La magie du 45ème parallèle il convie plus de 20 personnalités du vin à s’exprimer sur ce théorème. Enrichissant. IMG_0281 Une plongée dans le monde du vin, sa globalisation, ses enjeux, son actualité, avec La guerre des vins d’Aymeric Mantoux et Benoist Simmat. IMG_0290 Pour finir, du croustillant et du parfum de scandale avec Vinobusiness commis par Isabelle Saporta. Un focus sur le coté « Dallas » de Saint-Emilion et de Bordeaux en général. Globalisation et pesticides font aussi partie du casting … IMG_0289 Bonnes lectures BC   www.terre-oenophile.ch

Ce n’est pas le tout de boire de bons vins, encore faut-il les accompagner avec de sympathiques gourmandises à la hauteur 🙂

Rien de compliqué, juste des préparations justes, parfois originales, parfois sexy, parfois carrément terriennes.

Voici , par exemple un livre de cuisine tout à fait indispensable : celui de Frédéric Ménager de la Ferme de la Ruchotte en Bourgogne.

Mettez un cuisinier poncé aux meilleures tables dans une ferme perdue, laissez-le remettre, avec sa compagne, la bâtisse d’aplomp, cultiver la terre, introduire des volailles et autres animaux de la ferme issus d’anciennes races et venez ensuite déguster le résultat sur place le WE :

Chemin vers la Ruchotte ...

Chemin vers la Ruchotte …

Comité d'accueil

Comité d’accueil

Poules vraiment en plein air ...

Poules vraiment en plein air …

Une grande table

Une grande table

Une belle volaille

Une belle volaille

Les fameuses crêpes parmentières ...

Les fameuses crêpes parmentières …

Miam

Miam

Et donc, le livre de cuisine de la Ruchotte :

Livre cuisine de la Ruchotte

La Ruchotte à Bligny sur Ouche

Des recettes vraiment testées par l’auteur, faciles à mettre en oeuvre et délicieuses !

Pour info, la ferme auberge a réduit son activité pour le moment car les patrons sont occupés actuellement avec un assez joli projet. Voir leur blog pour plus d’infos.

P.S. Vins naturels à la carte ! 🙂

Pour commander le livre, c’est ICI

BC

Quelques mots – sans trop rentrer dans le détail – sur l’atelier de dégustation de jeudi 05 décembre à Genève. L’idée, comme toujours, était de découvrir les spécificités du vignoble et de déguster des vins emblématiques et/ou représentatifs, avec un accent très fort mis sur la production artisanale et la plus naturelle possible (comprendre avec le moins de produits chimiques de synthèse possible).

P.S. Pour peut-être mieux comprendre la Champagne il ne serait pas inutile de jeter un oeil sur le document ci-dessous qui donne quelques informations de base (cliquer sur l’image pour afficher le PDF).

Fiche Champagne petite

On débute avec le Champagne Brut Premier de la Maison Louis Roederer, élue marque de Champagne n°1 par la Revue des Vin de France dans son dernier numéro. Il fallait goûter. C’est ce qu’on appelle le « Brut Sans Année », la base de la Champagne (85% de la production) ; résultat de l’assemblage chaque année du vin de l’année avec des « vins de réserve » et de raisins issus de différentes régions viticoles de la Champagne, selon sources d’approvisionnement de la marque, et aussi de l’assemblage des trois cépages de la Champagne : Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier.
D’après la Revue des Vins de France, Roederer possède 214 ha de vignes et achète « 100 ha » de raisins. C’est beaucoup mais moins que Veuve Clicquot qui possède 388 ha et achète 1’100  ha de raisins !!!
L’idée dans le BSA est d’avoir un style « Maison » que l’on reproduit chaque année, grâce aux différentes possibilités offertes par les vins de réserve, les différentes origines et cépages.

In fine on cherche surtout à faire un Champagne dont le goût soit accessible à une majorité de personnes, tout en jouant avec des matières premières forcément inégales en qualité, vu les volumes traités . Ce qui veut dire aussi que l’on va gommer tout trait de caractère un peut trop saillant et tendre vers quelque chose de très consensuel. De là à dire que le BSA des grandes maisons est souvent ennuyeux …

Bon, le Brut Premier de Roederer est peut-être plus précis que celui d’autres grandes marques mais il ne laissera pas, lors de cet atelier, un grand souvenir. La bulle est peu persistante, le dégagement gazeux en bouche n’est pas désagréable (c’est la base) mais il y a peu d’allonge et la finale est amère, un peu sèche, un peu chaude. Manque d’esprit et de gaieté. C’est tout de même autour des 40 euros … 5/10

On continue avec un pur Pinot Meunier de l’excellent domaine Egly Ouriet « Les Vignes de Vrigny » 1er Cru. Ca vient de la Vallée de la Marne, fief du Pinot Meunier, cépage réputé un peu plus simple que le Chardonnay et le Pinot Noir, vieillit plus rapidement, plus vif, fruité. Il se présente avec une bulle plus tonique et une bouche plus dynamique avec une acidité un peu mordante en finale, mais le tout est cohérent et homogène. Un brin rustique. Un joli vin d’apéritif pour exciter les papilles ! 6,5/10

Drappier Champagne

On part plus au sud, à coté de Troyes, sur le réputé terroir de Montgueux avec un Extra Brut Blanc de Blanc (pur Chardonnay) « Les Vignes de Montgueux » de Jacques Lassaigne. Un cordon de bulles un peu plus persistant à la surface du verre que les deux précédents et le coté plus crémeux en bouche typique des Chardonnays. Ce n’est pas un Champagne avec beaucoup de corps (c’est l’entrée de gamme du domaine) mais il sera parfait à l’apéritif. Homogène, de la finesse. 6,8/10

Histoire de contrôler la concentration des participants (vaguement dissipés ce soir là, le sujet de l’atelier amenait à une ambiance plus festive que didactique) , on sert un Champagne à l’aveugle. Est-ce un Pinot Meunier, un assemblage ou un Chardonnay ? Une belle mousse assez persistante, une bouche concentrée, dense et moelleuse avec une finale minérale, riche, assez longue. Alors ? Et bien, Blanc de Blanc Grand Cru Avize de Martine Fallet. Chardonnay donc, Côte des Blancs. Une belle découverte ! Un micro « domaine », peu de bouteilles, à l’ancienne sous tous les aspects. Ca sent la vieille vigne qui n’aurait pas trop vue de produits chimiques, ça sent l’élevage sous bois (?). C’est très bon. Petite touche oxydative qui termine le tableau d’un trait inimitable. Du corps et de l’esprit. 8,5/10 P.S. C’est du même niveau que la cuvée Initial d’Anselme Selosse (même commune viticole) mais c’est le tiers du prix. J’y reviens plus bas …

Transition avec un rosé de saignée 1er Cru extra brut de Larmandier Bernier, également au top des vignerons indépendants de la Champagne. Un rosé de macération donc (on peut mélanger vin blanc et vin rouge pour faire du rosé en Champagne) et non d’assemblage. C’est vineux, puissant, homogène, bulle persistante. Un Champagne de repas. 7/10

Un peu plus bas que la fameuse Côte des Blancs, fief du Chardonnay, il y a le méconnu sézannais. Mais de moins en moins méconnu car il y a depuis quelques années un vigneron de grand talent. Olivier Collin, domaine Ulysse Collin, élabore des cuvées précises et vibrantes, comme ce Blanc de Noir (Pinot Noir) « Les Maillons » extra brut à la couleur très légèrement cuivrée (comme tout Champagne issu de raisins noirs et non décoloré) et aux arômes de baies. Le cordon de mousse est bien persistant (signe de qualité) et la bulle parfaitement intégrée à une matière souple, dense et puissante. Un Champagne de repas. Viandes blanches, Loup de mer en Croûte de sel, Oursins, voire un carré d’agneau rosé dont on  croquerait la chair tendre et juteuse … 8,5/10

Carte_vignoble_Champagne

Le domaine Jacques Selosse est devenu quasiment mythique ! On est dans l’excellence, dans le visionnaire, dans l’iconoclaste même, dans le très bon surtout. La cuvée Initial, Blanc de Blanc Grand Cru  de la Côte des Blanc est l’entrée de gamme  du domaine (une centaine d’euros sur le marché quand même). Il est donc normal que cette cuvée ne soit pas la plus ébouriffante du vigneron. Comparativement au Blanc de Blanc de Martine Fallet (même commune) la cuvée Initial est peut-être plus en élégance et en légèreté, mais avec un peu moins de fond et de caractère. Un très joli Champagne d’apéro mais peut-être un peu surtarifé. 8/10

Pour finir on déguste à l’aveugle deux Champagnes millésimés. La Grande Sendrée 2005 de la maison Drappier dans l’Aube, assemblage de Pinot Noir et de Chardonnay et Dom Pérignon 2002, assemblage aussi d’environ 50% de Pinot Noir et 50% de Chardonnay. Les deux vins ont vieilli 6 à 7 ans sur lattes avant commercialisation. Dégustés à l’aveugle une petite majorité a préféré Dom Pérignon, qui se présente encore jeune, un peu boisé, toujours un peu  en réduction à l’ouverture. Je le trouve un peu grossier en fin de bouche, un peu massif, mais certainement il va s’améliorer et le coté chic/ostentatoire peut plaire.  A revoir dans quelques années avec un mets classique et chic, un filet de boeuf Rossini (avec foie gras). Environ 4 à  5 millions de bouteilles produites … 7/10

La Grande Sendrée est moins impressionnante, plus tendue, avec – à mon avis – plus d’équilibre aujourd’hui et une bulle plus fine. Un Champagne autant de début de repas pour son coté aérien que de repas pour son coté assez éclatant. Crustacés, poissons, risotto aux fruits de mer ou à la truffe blanche. 8,5/10

Ah, tiens au fait, le Champagne de Martine Fallet, on le trouve chez Mi-Food Mi-Raisin, autour des CHF45.00 🙂 

Et on trouvera chez Lavinia une belle sélection de Champagne, ainsi qu’au Caveau de Bacchus à Rive (Genève) et à Lausanne.

En savoir plus sur le vignoble de la Champagne ICI

BC

Voici une liste d’ouvrages recommandés à ceux qui souhaitent en savoir plus sur le vin, que ce soit pour mieux acheter, connaître les terroirs et cépages du monde ou encore pour apprendre à déguster :

Tout d’abord les livres de références, ceux qui ont largement inspirés la grande majorité des écrits actuels sur le vin : 

-Le goût du vin. Émile Peynaud et Jacques Blouin. Edition Dunod. Un must.
-Le vin et les jours. Emile Peynaud. Edition Payot & Rivages
-Jules Chauvet ou le talent du vin. Edition Jean-Paul Rocher. Pointu, scientifique, par le papa des vins natures.
-Une initiation à la dégustation des grands vins. Max Léglise, DIVO. Simple et juste.
-Le goût juste, des vins et des plats. Jacques Puisais, éditions Flammarion. Une approche à la fois juste et poétique des accords mets et vins. Précieux.

Ensuite, des guides d’achats :

Lapaque des vins de copains-Hugh Johnson, guide des vins du monde,  un bijou de synthèse.
-Le guide de la revue des vins de France, relativement complet, la plupart des domaines références sont cités.
-Le guide « Lapaque » des vins de copains, totalement axé vins « naturels ». Un must.
-Le guide Bettane & Desseauve des vins de France. Assez complet, un beau palmarès des domaines les plus réputés.
Tronches de vin « le guide des vins qu’ont dla gueule » …. Un guide qui met en avant des personnages de caractère qui font des vins de caractère. Décalé et rafraîchissant.
– Guide Quarin des vins de Bordeaux. Editions Solar. Un guide pointu et fiable.
– Guide Jacques Dupont des vins de Bordeaux. Editions Grasset. Le vignoble bordelais raconté par un connaisseur. Truculent.

Du coté encyclopédies, atlas :

-Grand Atlas des vignobles de France. Benoît France, éditions Solar. Pointu, fouillé.
-Guide des terroirs, Atlas des vins du monde. Oz Clarke, édition Gallimard. Une approche sensible et sensée.
– Le Vin, André Dominé, éditions Place des Victoires. Ouvrage très complet sur le vin, les régions du monde et les meilleurs domaines. Un bon achat.
-Le nouveau visage du vignoble français. Andrew Jefford, Hachette. Très instructif.

Essais, écrits sur le monde du vin en général :

Dionysos crusifié-Dionysos crucifié, essai sur le goût du vin à l’heure de sa production industrielle. Michel Legris, édition Syllepse. Un livre qui donne à réfléchir.
– Le goût et le pouvoir de Jonathan Nossiter, le réalisateur de Mondovino. Provocateur, parfois borderline, mais à lire pour la richesse des informations. Editions Grasset.
– Le vin nu, Alice Feiring. Editions Jean-Paul Rocher. La quête du vin nature par une journaliste spécialisée. A lire.
– Le vin au naturel, François Morel. Editions Rouge et le Blanc. Riche, complet, fouillé. Un must.

Difficile d’apprendre à déguster le vin avec des livres, mais il y a de bonnes indications et informations dans les livres suivants :

La dégustation, connaître et comprendre le vin, de G. Fribourg et C.Sarfati. Edisud. Collection de l’Université du vin de Suze-la-Rousse. Très bien, complet, didactique.
– L’Ecole de la Dégustation de Pierre Casamayor. Editions Hachette. Bien construit, original de par l’approche de la dégustation comparative de différents terroirs et cépages.
– Le vin, Leçons de dégustation d’Emmanuel Delmas. Editions de la Martinière. Tout récent, simple et agréable à lire. Un condensé de l’expérience d’un sommelier animateur de cours.

Inclassable et introuvable :

– Cul sec, éditions des dix vins cochons (si, si…). Un livre idéal pour plonger dans les méandres alcooliques des aficionados pur jus du « vin naturel »…

Bonnes lectures !

BC

5117dq2PeOL._SL500_AA300_… est un livre essentiel ! Une petite bombe, un concentré d’informations indispensables pour qui aimerait comprendre mieux le monde actuel du vin.

François Morel est le rédacteur en chef de la revue « Le Rouge et le Blanc« , une édition trimestrielle de référence qui met en avant des terroirs et vrais vignerons à découvrir.

J’ai lu quelque part que son livre « Le vin au Naturel » était sans parti pris. Je pense au contraire que le parti pris des vins issus d’un processus le plus Naturel possible est revendiqué avec clarté et la mise à nue des rouages complexes d’une viticulture industrielle, calibrée, contrôlée, sans âme, est digne d’un chirurgien équipé d’un fusil à chevrotine dont chaque coup atteint sa cible dans un ralenti didactique digne des meilleures scènes de Matrix…

Extrait : « Aujourd’hui, sur les quelques 400 cépages de cuve originels des vignobles français, 300 ont été éliminés ou mis au rencart, et sur les 150 en usage, 8 cépages occupent 80% des vignes ».

Extrait : « Le vin, comme le reste, fait son entrée dans la medecine de la performance – dont l’avatar le plus connu du grand public est le dopage des sportifs – qui devient le principe de base de l’oenologie dans ses pratiques les plus courantes. »

Extrait : « Le goût moyen des dégustateurs des commissions, produit du goût dominant, entretenu par les stages de formation formatée, a pour idéal des vins au rendement maximal (+ PLC + DPLC), vendangée tôt, levurés, enzymés, chaptalisés/acidifiés, concentrés éventuellement, sulfités/filtrés/collés, etc… bref, mort-nés mais impeccables. »

Percutant et pédagogique. A lire absolument.

BC