Archives de novembre, 2016

Deuxième dégustation verticale de l’excellent Château Bel Air Marquis d’Aligre, dans le cadre du Module 4 d’initiation à la dégustation de Terre Oenophile.

bel air marquis d'aligre

Quelques commentaires succincts :
Millésime 2010 : beau vin, dense, fermé, racé, tanins nobles, encore dans sa gangue de jeunesse.
Millésime 2005 : grand vin, ample, tanins nobles, persistant, on peut commencer à boire mais le potentiel de garde est bien là.
Millésime 2004 : plus fluet et court que les deux précédents mais aussi plus accessible. Un vin à ouvrir pour un sympathique moment avec une cuisine simple.

bel air marquis d'aligre
Millésime 2000 : joli vin, cohérent, assez concentré, sans la race de 2010 ou 2005 mais devrait être extra dans 5 ans et se bonifier une ou deux décennies, voire plus.
Millésime 1998 : le chouchou de la soirée, ouvert, expressif, rondeur, élégance, bonne longueur. Boire dés à présent et peut encore tenir quelques années.
Millésime 1986 : bouchonnée … zut ! Mais la matière paraît belle et concentré, certainement un grand vin.
Millésime 1985 : tendre à l’attaque, milieu de bouche plutôt rond et finale plus carrée et concentrée. Ce vin n’a pas emballé les dégustateurs mais il pourrait surprendre d’ici encore quelque années…

Dégusté 2 semaines avant le millésime 1970 a beaucoup plu, évolué bien sûr mais toujours bien vivant et avec le charme des vins dans le registre de la fragilité et du raffinement.

N.B. on trouve ce vin chez cavesa à Gland.

BC

terre-oenophile.ch

Publicités

Protégé : Module 1 documents à imprimer

Publié: novembre 26, 2016 dans Interne

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

2 vins coups de coeur en novembre

Publié: novembre 17, 2016 dans Dégustation

Voici 2 vins qui se sont particulièrement distingués lors de nos derniers ateliers de dégustation. Leur point commun est principalement le plaisir immédiat ressenti par les participants. Il est en effet rare qu’un vin fasse l’unanimité au sein d’un groupe d’une dizaine de personnes.

– Sancerre Clos de Beaujeu 2013 Gérard Boulay. Un grand classique que le vin de Sancerre, toujours issu du cépage Sauvignon. Ce Clos de Beaujeu, l’équivalent d’un « 1er Cru » en Bourgogne se présente épicé et minéral, l’expression variétale habituelle du Sauvignon, agrumes, végétal, est en retrait, laissant la place au terroir. Assez gras à l’attaque, ample, avec une délicieuse finale acidulée, minérale, presque saline, scintillante, poivrée et longue. Encore en phase de jeunesse mais déjà accessible, soit comme super apéro avec un beau Crottin de Chavignol mi-sec ou en compagnie de crustacés. Environ 30.00 à la Cantina del Mulino (Fribourg, Berne)

Weinert

Weinert

– Malbec 2006, Mendoza,  Weinert. Certainement un des meilleurs domaines viticoles d’Argentine et même du « nouveau monde » avec un travail « à l’ancienne » pourrait-on dire, comme c’était plus la norme en Europe il y a quelques décennies : des vins sans esbroufe et bâtis pour la garde. Ce Malbec 2006 est au début de sa maturité, sans aucun signe de fatigue, et se présente impérial, droit et de bonne longueur. La chair du vin est empreinte du soleil de Mendoza, avec une attaque riche, presque onctueuse ; fraicheur et relief tannique prennent harmonieusement le relais en milieu de bouche et la finale est sans lourdeur, plutôt fraiche pour un vin d’Argentine. Un vin d’automne/hiver qui accompagnera avec entrain chasse à poils, mijotés de boeuf, tajines, … autour de 25.00. On trouve les vins de Weinert à la casa de vinos argentinos à Berne

BC

terre-oenophile.ch

Chouette soirée de dégustation jeudi passé, dans un espace accueillant, zen (Luminat) et avec des gens brillants et sympas.

Une VRAIE dégustation à l’aveugle, sans interférences et sans esbroufe. Les yeux bandés (en l’occurrence masqués) pour être dans le noir et obligé de reporter l’attention sur l’odorat et le goût. Un petit protocole de dégustation en préambule afin que les commentaires ne partent pas dans tous les sens :

bbtp

On veut aller un peu plus loin en focalisant sur des critères précis : complexité des arômes, ampleur en bouche, qualité du toucher, des tanins, persistance aromatique. D’abord qualifier la qualité (toujours difficile) et ensuite seulement tenter d’identifier le vin dégusté.

Les vins (les 9 participants n’ont aucune idée des vins en dégustation) : 
On débute fort avec un Pinot Noir des Grisons 2012 de Thomas Studach, étoile montante du vignoble. Les participants attrapent majoritairement bien la qualité de ce vin, au toucher de bouche assez soyeux et de bonne tenue. Le coté un peu torréfié – que l’on trouve souvent dans les Pinots des Grisons – fait penser à une partie des dégustateurs qu’ils sont en présence d’un vin blanc, un chardonnay … Faut dire que le vin est servi un peu frais. Par contre d’autres ont bien identifié un Pinot Noir de Suisse. Vaud est évoqué. Pas mal !

img_1403
On poursuit avec un vin rouge très bas de gamme, industriel à CHF 3.90 en grande surface.. Personne n’est emballé et le vin est globalement qualifié de moyen à bas de gamme. Un des participants ose tout de même le qualifier de dissocié et désagréable. Ce qui est bien le cas. Bravo ! Et bravo à tous pour avoir assez correctement décrit ce « vin ».

On enchaine avec un des vins « coup de coeur » de la soirée, Touraine rouge « Conquêtes » 2009 de Patrick Corbineau. Les commentaires sont majoritairement positifs, on relève « nature », sain, droit, long. Le Cabernet Franc est évoqué et on hésite entre Bordeaux et Loire. Je relève que les commentaires gagnent en précision. Les participants sont bien concentrés.

On continue avec … Le même vin ! Ha ha ! Et issu de la même bouteille. Ca devient intéressant .. Le premier à commenter le vin le dit d’emblée : on dirait le même vin ! Aie.. Va-t-il casser le coup de bluff si facilement ? Non : d’autres voix s’élèvent pour trouver ce vin bien plus âgé que le précédent et globalement de meilleure qualité. Barolo est évoqué ou un grand vin de Bordeaux. Une « grande quille » dixit un des participants. Et je suis bien d’accord, c’est un beau vin. Bluff réussi donc 🙂 Les participants n’en reviennent pas .. Sauf ceux qui avaient suggéré le même vin. Bravo !

Le vin le moins probant de la soirée – trop jeune, trop froid en température, et peut-être aussi un peu trop travaillé – Percarlo 2012, Sangiovese de la Tenuta San Giusto a Rentennano en Toscane, un beau classique. Les dégustateurs sont un peu perdus, le coté puissant, sévère, fermé, de ce Sangiovese tranche trop avec le précédent. Un flop !

Retour dans le bas de gamme avec un vin (France, sud) de grande surface mais un peu plus ambitieux que l’autre (prix officiel de CHF 14.00 mais promo à 7.00 …). Personne ne se pâme et on le qualifie de moyen de gamme. Beaucoup relèvent tout de même le coté « sucreux » et écoeurant de l’affaire.

Coup de coeur mais aussi surprise de la soirée : un vin d’Afrique du Sud, de la région du Swartland, la cuvée «Columella» 2009 de la Famille Eben Sadie (76% Syrah, 17% Mouvèdre et 7% Grenache). Encore un peu jeune, un rien un peu sur le bois mais indéniablement de la race, certainement un grand vin. Ils ne s’y trompent pas et le situent majoritairement dans la vallée du Rhône mais personne n’évoque un pays du nouveau monde… Cette cuvée (introuvable) coûte autour des 100.00 en Suisse.

On poursuit avec un vin également encore dans sa gangue de jeunesse mais avec une race et une minéralité qui « claquent » déjà bien : Clos de Vougeot Vieilles Vignes 2012 domaine Gérard Raphet. Les participants apprécient et décrivent, majoritairement, bien se vin. Il est d’ailleurs intéressant de constater que ceux qui étaient un peu « passés » à coté de certains vins sont très justes dans leurs commentaires sur celui-ci, alors que d’autres qui avaient bien « attrapés » les autres vins, ont plus de peine à situer celui.ci. C’est un peu la force du groupe, de réussir à globalement bien situer qualitativement chaque vin grâce à des sensibilités un peu différentes mais avec la même humilité et sincérité en dégustation.

Pour terminer ou presque, Château Bel Air Marquis d’Aligre, Margaux 1970. Une couleur et des arômes assez évolués indiquent qu’il est un peu au bout de sa vie, mais tout de même toujours là ! 46 ans ! Le genre de vin a siroter tranquillement devant la cheminée avec un ou des bons copains. Bordeaux est rapidement évoqué, ainsi que Saint-Julien. Pas loin .. Bravo !

Et, pour vraiment terminer, un vin en carafe (on a retiré les masques depuis 2 ou 3 vins déjà). Tout le monde ou presque s’accorde à le trouver extra – en étant bien conscient qu’on est plus dans une progression académique – et c’est …. encore notre Touraine 2009 ! Il me semble qu’une ou deux personnes ont émis l’idée que cela pouvait être lui mais il faut dire qu’arrivé à ce point de la dégustation et avec de la nourriture en accompagnement et le crachoir mis de coté, on est surtout ravi de le boire ce vin 🙂
img_1409
Un autre vin, hors liste, a aussi été bien apprécié : Pinot Noir Cuvée Jacques 2010, Fiefs vendéens du domaine Saint-Nicolas. Un joli vin, un peu plus structuré et dense que ce qu’on attend de ce cépage mais aussi de la gourmandise et une bonne buvabilité. A l’aveugle c’est parti un peu dans tous les sens … mais la qualité du vin a bien été comprise, et c’est cela l’essentiel !

Vivement la prochaine dégustation Full Blind Tasting !

BC