Petite dégustation verticale du Château Bel Air Marquis d’Aligre, AOC Margaux

Publié: avril 5, 2016 dans Cours de Terre Oenophile
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Dégustation verticale (le même vin, différents millésimes) dans le cadre du module 4 d’approfondissement de la dégustation et connaissances du vin de Terre Oenophile.

Le but de l’exercice est de voir comment un vin évolue dans le temps et de mieux comprendre l’influence de l’année climatique sur l’expression du vin.

Château Bel Air Marquis d’Aligre, un vin d’amateurs éclairés, bâti pour la garde, peut se bonifier sur plusieurs décennies selon qualité du millésime, un excellent rapport qualité prix.
13 h. Vieilles vignes, une partie plus que centenaire, 25 hl/ha, 30 000 bouteilles par année. Levures indigènes, élevage 3 ans en cuves ciment (+ quelques vieilles barriques). Pas de mise en bouteille les années médiocres (2002, 1997, 1994, 1993, 1992, …) mais vendu au négoce en vrac. Cabernet Sauvignon 30% Merlot 30%Cabernet Franc 20% Petit Verdot 15% et Malbec 5% Sols de graves profondes. Non classé en 1855 par manque d’antériorité et aussi parce que les vins n’étaient pas distribués par le négoce bordelais.
A noter que ce vin est distribué en Suisse par Cave Sa

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Tous les vins ouverts 4 h avant. Notes de dégustation de mémoire :

2010 grand millésime. Un temps moyen avec des pluies au moment de la floraison au cours du mois de juin. Mauvaise fécondation, petite récolte (coulure). Temps sec en juillet, août et septembre. Manque d’eau, concentration des baies. Fraicheur nocturne en août (plus frais qu’en 2009 ou 2005). Au final un millésime avec un haut degré d’alcool, des tanins et une belle acidité. Parfois des vins trop excessifs.

Encore bébé, sur la réserve, petits fruits acidulés, structuré, fin. Attendre encore bien 7 ou 8 ans …

2009 grand millésime. Un été en pente douce. Vraiment. Où rien n’a manqué. Surtout pas le soleil : ni trop comme en 2003, ni trop peu comme en 2007. Juste ce qu’il faut, exactement. Le Merlot a mûrit très vite (il ne fallait pas trop attendre pour le récolter) et le Cabernet Sauvignon plus lentement. Au final un millésime proche de 2005, peut être un peu plus en rondeur. Plus en puissance que 2010.

Fruit un peu plus mûr, plus épicé, une attaque plus en rondeur, une bouche plus riche et une finale plus chaude et moelleuse. bien plus accessible que 2010, plus « sexy ». Ira-t-il aussi loin dans le temps ? Attendre encore 4-5 ans.

2005 très grand millésime. Sécheresse précoce, ce qui permit à la plante d’anticiper (pas comme en 2003) et de mieux gérer l’alimentation en eau. Nuits froides en août : bonne acidité dans les raisins et arômes frais. Un vent régulier a permit de concentrer les baies. Petites pluies début septembre très favorable. Temps radieux pendant les vendanges. Au final une année avec de l’alcool, de l’acidité et des tanins. Un millésime de garde.

Des arômes plus complexes, s’ajoutent fleurs et minéralité à un fruit mûr et acidulé et à une touche épicée. ampleur et tanins fins, allonge, éclat en fin de bouche. Un vin qui continue à s’ouvrir dans le verre. C’est beau. Attendre encore 10 ans pour que tout se déploie.

2004 millésime classique. Une météo estivale maussade et une maturité lente jusqu’à mi-octobre. Une année aussi plus sèche que la normale mais plus d’eau pendant la période végétative. Septembre chaud et favorable. Une année avec des rendements potentiellement élevés après une année 2003 peu productive. Des pépins un peu verts, il fallait faire attention de pas trop extraire … Au final de jolis vins dans le style traditionnel bordelais. Garde moyenne.

Voici un vin qui se donne déjà à présent, simple dans l’expression aromatique orientée fruit mûr, épices, touche de cuir. Une attaque assez ronde, charmante. La relative « faiblesse » du millésime s’exprime en finale sur une note végétale et un peu de sécheresse. Assez monocorde mais fera un très bon compagnon avec une entrecôte double …

2000 très bon millésime. Entrée dans le troisième millénaire ! Envolée des prix … Un printemps pas terrible, des orages violents et des températures basses une partie de l’été. Retournement de situation fin juillet avec des températures hautes et une pluviométrie très basse. Un millésime pas du niveau de 1990 ou 1982 mais on peut le qualifier de très bon. Des vins assez tanniques en général et de garde.

Un vin qui se donne assez bien maintenant, encore un peu de réserve mais globalement séducteur, en rondeur à l’attaque et milieu de bouche. Les tanins, assez fins prennent le relais en finale, lui donnant un petit coté 2010. Pas la race de 2005, plus d’éclat que 2004. Boire et attendre encore 5-6 ans pour la pleine mesure.

1996 bon millésime. Début de saison plutôt chaud, juillet mitigé, août correct mais fortes pluies à la fin du mois, beau mois de septembre et du vent pour sécher les raisins. Plutôt une réussite pour le Cabernet Sauvignon. Des vins de garde, avec de la concentration.

Un vin plutôt prêt à boire, un petit manque de souffle peut-être, plus sur la structure que sur la rondeur. Avec un foie de veau, des rognons moutarde, une poêlée de cèpes et quelques pommes de terre rôties au romarin …

1995 grand millésime. le meilleur millésime depuis 1990, malgré une production importante. Printemps assez chaud et un été particulièrement chaud et sec mais temps pluvieux du 07 au 19 septembre, ce qui amena une dilution du Merlot et une vendange anticipé du Cabernet Sauvignon. Au final, des vins aux tanins parfois un peu durs et un caractère globalement austère.

Un vin sérieux, assez charpenté, encore sur la réserve, bien dans le style du millésime. Attendre encore quelques années et viser la chasse …

1985 bon à très bon millésime. Un millésime qui a plus réussi au Merlot qu’au Cabernet Sauvignon. Mois de juin froid et pas terrible. Juillet assez chaud mais août frais. Beau mois de septembre qui a sauvé les meubles … Le Cabernet manque un peu de maturité. Au final des vins, dans le Médoc, assez élégants et ronds. Manque la concentration et structure des grandes années.

Argh… Bouchonné ! C’est la vie …

En résumé, un vin qui, selon le millésime, fera plus parler le Merlot (la rondeur) ou le Cabernet Sauvignon (la structure) ou encore les deux (2005). De la pureté d’expression dans tous les cas (bien que des dégustateurs aient décelé des notes un peu animales et vieille cave dans certains millésimes), et de l’énergie.

A boire actuellement : 2004, 2000, 1996
Attendre : 2010, 2009, 2005, 1995
Le plus grand : 2005

BC

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