Voilà un cours que nous proposons très régulièrement et qui permet de pouvoir, lors de la même soirée, comparer les vins de ces trois vignobles réputés. L’accent est mis sur les vins rouges.
Cela peut à priori paraître simple de distinguer un vin de Bordeaux d’un Hermitage ou d’une Côte Rôtie mais dans la pratique cela ne l’est pas tant que ça! Le Pinot Noir de Bourgogne se distingue un peu plus facilement de par sa couleur beaucoup plus légère.

Au delà d’apprendre à différencier ces vins, l’idée est aussi de mieux déterminer les préférences et comprendre pourquoi.

Donc, après un petit quiz/exposé succinct sur ces trois vignobles nous dégustons trois séries de trois vins :

Série 1
On commence par un Cornas 2008 de Guillaume Gilles à la robe profonde et toujours jeune. Ca sent la tapenade et les épices et ça évolue sur de la minéralité et du floral. L’attaque en bouche veloutée de la Syrah est relayée par le tanins marqués de l’AOC Cornas. Puissant, structuré, mais sans lourdeur. Bonne longueur. Un vin automnale pour la chasse ! Bien 15/20

Le Nuits-Saint-Georges 2008 du domaine Robert Chevillon à la robe légère du Pinot Noir et, au début, de curieux arômes de bouillon du cube … Puis cela évolue sur le coté caillouteux typique de l’appellation et le fruit rouge pointe le bout de son nez. Attaque délicate, matière souple avec un tanin légèrement marqué en finale. Droit, assez fin et cohérent. 15/20

Bordeaux est représenté par le Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2008, un classique, une référence. Robe profonde et assez jeune, nez typique de bois de cèdre (un peu dominant), pointe végétale. L’attaque est un peu floue (manque un peu de chair), c’est ferme, voire austère, le tanin prend vite le dessus et la finale est un peu sécharde, pâteuse. Tanins de bois. A revoir … 12/20

En synthèse de cette première série, le Cornas porte bien les épices et l’olive noire attendue dans la Syrah du Rhône nord et aussi le coté velouté du cépage à l’attaque. Le Nuits Saint Georges, outre la couleur légère du Pinot Noir, a la délicatesse et la souplesse de texture du cépage. Le Haut-Médoc, bien que moins convainquant, a la charpente et la fermeté attendue dans un vin du Médoc à dominante de Cabernet Sauvignon.

Document cours oenologie terre oenophile

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Série 2
Nuits-Saint-Georges les Damodes 2004 des Frères Lécheneaut. On monte d’un cran en hiérarchie, la même délicatesse du cépage mais avec un supplément de volume et une minéralité plus marquée. La robe est plus évoluée et le nez plus ouvert et épicé. A maturité. 15,5/20

Le Margaux 2004 Château Bel Air Marquis D’Aligre est un joli vin avec de la concentration, du fruit et de la minéralité. Il a la sève qui faisait défaut à Sociando-Mallet et son tanin, un peu marqué en finale, est plus fin. Bonne buvabilité. Très bien. 16,5/20
N.B. Il n’y a pas d’élevage en barriques mais en cuves ciment pendant au moins 3 années. Un bordeaux à l’ancienne …

L’Hermitage « assemblage » 2004 de Bernard Faurie est plus « large » et plus en puissance que les deux précédents vins. Un vin parfaitement bien construit avec de beaux tanins encore un peu adolescents. On retrouve le velouté du cépage. Des trois c’est celui à attendre et qui fera honneur à un lièvre à la royale… Très bien. 17,5/20

En synthèse de cette deuxième série on retrouve sensiblement les mêmes caractéristiques (délicatesse du Pinot Noir, structure un peu plus ferme du Médoc, velouté et puissance de la Syrah) tout en franchissant un cap dans la finesse et la profondeur.

Série 3
Cette dernière série est servie à l’aveugle !

Château Malescot Saint-Exupéry, Margaux 2006, troisième Grand Cru Classé. 17/20
Clos de la Roche Grand Cru 2006 Gérard Raphet 17,5/20
Côte Rôtie Les Grandes Places 2006 Jean-Michel Gerin 17,5/20

Si quasiment tout le monde pointe assez facilement le vin de Bourgogne (la couleur aide un peu :-), une majorité des participants pense que le vin de Bordeaux est le vin du Rhône et vice-versa … Dégustation à l’aveugle : jamais facile …

Certainement parce que la Côte Rôtie Les Grandes Places est une Syrah un peu plus structurée que la moyenne (secteur Côte brune) et que le Margaux a une texture un peu plus veloutée que les précédents vins  de Bordeaux. Mais en cherchant bien … on attrape la un peu plus bois de cèdre et la finale une peu plus carrée du Margaux, ainsi que  l’attaque un peu plus veloutée de la Côte Rôtie et ses notes un peu plus épicée.

Le Clos de la Roche, un des grands crus les plus en puissance de Bourgogne, illustre bien la « main de fer dans un gant de velours « … Délicat et puissant, éclatant en fin de bouche, minéral, élancé. Encore de la réserve !

N.B. Tous les vins ouverts 3h avant la dégustation.

Et on termine avec un Clos Vougeot Grand Cru Vieilles Vignes 2004 de Gérard Raphet. Un peu plus concentré que le Clos de la Roche, avec de tanins un poil plus ferme. Beau vin mais aurait gagné certainement à être ouvert à l’avance comme les autres vins de la soirée.

A préciser aussi que nous étions en jour feuille … Les vins se dégustaient mal à l’ouverture mais ça c’est bien amélioré après un peu d’oxygénation.

BC

 

 

 

 

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