Archives de mars, 2014

 

Le coté technique :

 

Le coté ressenti :

BC

1961 Château LatourTout d’abord un Château Latour 1961 ! Année et vin mythiques. Servi en début de dégustation chez un ami caviste (cave 20g à Carouge) ça commence fort… Toujours émouvant de déguster un grand vin âgé. Un peu comme si on recueillait les lointains souvenirs d’une personne âgée, juste avant son départ. Un précieux témoignage du temps passé. Cette bouteille dévoile un vin un peu décharné, avec une forte acidité et des tanins très stricts. La chair se delete. Ce vin gagne à l’aération et progressivement les arômes se précisent. Du café et du vieux cuir on passe à des notes florales, épicées. Aurions-nous dû le mettre en carafe ? Nous n’avons pas osé de peur de le massacrer par se choc soudain après des années de tranquillité … Probablement, d’autres bouteilles de ce même vin, conservées dans d’autres conditions pourront se révéler plus en forme. Il n’y a pas de grands vins mais que de grandes bouteilles dit-on. ..

Dans le désordre aussi un Saint-Aubin 2002 du domaine Leroy. Joli tension, légère dilution en milieu de bouche, le coté un peu « froid » de l’appellation en comparaison des voisins plus illustres que sont Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet et Meursault, mais intense et minéral. Bien 7,5/10

Romanée Saint-Vivant 2004 du domaine de l’Arlot. Bouche déliée, fin, joli, le terroir surpasse ce millésime un peu faible (me rappelle au nez le Pinot noir Rissieux de Jacques Tatasciore à Neuchâtel). Très bien 9/10

Lessona 2005 Proprieta Sperino (Haut-Piémont). Plus je découvre ces vins du Haut Piémont plus ils m’épatent ! Fin, racé, réglisse. Beau. 8,5/10

Châteauneuf-du-Pape 1999 Château Pignan. En quelque sorte le second vin du Château Rayas. La finesse pour lien familial. Maturité, suavité, droit, miel, agréable. 7,5/10

Trevallon 1988 (Baux de Provence). Sur la fraicheur, un peu réservé, fin. Bien 7/10 (j’ai dégusté le même vin il y a peu et qui était superbe).

Châteauneuf-du-Pape « Cuvée Spéciale » 1998 Henri Bonneau. Un vin mythique, une grande année, un vin un peu trop jeune, sur la réserve. Confit, chaleureux (16°), fermé. Le terroir ne s’exprime pas encore. Revoir dans 5 ans. Mais quelle puissance !

Mission-Haut-Brion 1989 en magnum. Servi en fin de soirée. Souvenirs un peu flous. Des notes sudistes. Charpenté. Joli. Peut-être un léger manque de finesse. 8/10

Bandol Château Pradeaux 1989 en magnum. Que le Bandol rouge peut être sous-estimé !!! Tant mieux pour nos finances … 🙂 Servi à l’aveugle après la Mission Haut-Brion. Fait penser à un grand Bordeaux … je le trouve plus beau que le précédent, plus élancé, plus frais. 8,5/10

Barolo 1999 Bartolo Mascarello. Un domaine de référence dans l’approche traditionnelle du Barolo. Fermé à l’ouverture, champignons, un peu étriqué. La carafe fût bénéfique et 3h après le vin a pris de l’ampleur. Un sacré jus, de la puissance mais vraiment en phase de jeunesse. Revoir dans 5 ans.

Cabernet Sauvignon Estrella 1994 Weinert (Argentine). Carafé 3 heures avant. Un des rares (le seul ?) vin d’Argentine avec un potentiel de garde de plus de 20 ans. A l’aveugle on est perdu, on flirte avec Bordeaux mais les tanins sont un peu durs et on sent un coté un peu confit qui attire vers le sud. Mais lequel ?? 🙂 Bien. 7,5/10.

Châteauneuf-du-Pape Cuvée des Célestins 2008 Henri-Bonneau. Une cuvée au top de l’appellation. Encore un BB, certainement du potentiel. Manque peut-être un peu de longueur à ce vin très réputé mais il y a de l’élan. A revoir. 8/10

Châteauneuf-du-Pape Reine des Bois 2005 Domaine de la Mordorée. De la matière, puissant, poil boisé, poil massif. 7,5/10

Châteauneuf-du-Pape Barbe Rac 2005 Chapoutier. Plus en finesse et plus élancé avec un tanin plus soyeux. Joli, racé, du potentiel. 9/10

Châteauneuf-du-Pape 2010 Domaine Pierre André. Droit, élancé, du jus, assez fin. Fera une très belle bouteille dans 4 ou 5 ans. 8/10

Château Malartic Lagravière Grand Cru Classé Pessac Léognan 2006. Se présente un peu revêche et un peu court. Une phase ingrate ? 6,5/10

Riesling Grand Cru Hengst Barmes Buecher (Alsace)
2010 : agrûmes et porté par une belle acidité. Pas encore prêt. Bien. 7,5/10
2008 : très pétrole au 1er nez (et oui) puis floral. Après une attaque moelleuse l’acidité prend vite le relais et domine jusqu’à la fin avec une belle minéralité. On suce le cailloux ! Le terroir s’exprime. Très bien, encore en devenir. 8,5/10
2005 : plus corpulent et carré, poil plus confit avec une touche miellée. Un peu plus court aussi. Attendre un peu encore. Avec une viande blanche + crème + champignons. 7,5/10

BC

Une jolie présentation d’un cours de dégustation à venir à Lausanne par Frédéric Varaud, intervenant pour Terre Oenophile.

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A la demande de Bruno Carroy ( Terre Oenophile), j’ai sélectionné une dizaine de cépage autochtones – dont 9 rouges – emblématiques de la production italienne que je présenterai lors d’une dégustation le 26 mars prochain.

L’Italie possède encore un nombre impressionnant de cépages autochtones et – ce qui nous intéresse – dont une bonne proportion de grande qualité. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. Entre autres : un relief montagneux sinon collinaire quasi omniprésents du nord au sud avec d’innombrables vallées et autant de micro-réalités climatiques et géologiques, une unité politique récente et linguistique non encore achevée. Autant de raisons d’avoir conservé jalousement – et suffisamment longtemps pour moins les perdre qu’en France, par exemple – les races élevées et les variétés cultivées localement, adaptées à des conditions pédo-climatiques ou des usages particuliers.

Chaque année, en Italie, on redécouvre, on retrouve plusieurs cépage intéressants qualitativement, voire plus qu’intéressants. Limiter le choix à…

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Un résumé succinct des vins dégustés car je n’ai pas pris de notes hier soir – dans le cadre de nos cours d’oenologie à Genève et Lausanne, www.terre-oenophile.ch) trop occupé à parler de ces vins :- )

Tout d’abord, l’idée de l’atelier était de voir comment ces fameux cépages bordelais se comportent dans différents pays et par la même occasion faire un peu plus connaissance avec les vins du « nouveau monde ». Une démarche que Terre Oenophile a entreprise depuis quelques mois en proposant différents ateliers sur les vins du Chili et d’Argentine, ainsi que des ateliers comme « Tour du monde en 10 cépages emblématiques » ou comme hier soir « l’assemblage de Bordeaux à travers le monde ». Et bientôt un atelier sur les vins d’Australie ! Une façon pour nous de ne pas rester confortablement dans notre vieille France, saupoudrée d’un peu d’Italie, d’Espagne et de Suisse …

Pour mémoire, voire pour info, les vins de Bordeaux sont le résultat de l’assemblage des cépages Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Merlot, Malbec et Petit Verdot dans des proportions variables mais avec pour constante une dominance du Merlot sur la rive droite de la Gironde et une dominance du Cabernet Sauvignon sur la rive Gauche.

vignoble bordelais

Le Cabernet franc est le troisième cépage en importance et le Malbec et Petit Verdot représentent rarement plus de 5 à 10 % de l’assemblage. Le but de l’assemblage est en principe d’atteindre un équilibre et une force (énergie) qu’un seul cépage pris séparément n’aurait réussi à donner.

Le Merlot apporte de la chair, du gras, du volume. Le Cabernet Sauvignon apporte de la structure, de la vivacité, de l’allonge. Le Cabernet Franc apporte de la délicatesse, de la gourmandise, du fruit, de la fraicheur et de l’éclat. Le Petit Verdot de la corpulence, des épices et de la trame (un beau cépage d’ailleurs). Le Malbec, cépage originaire de Cahors, apporte de la structure, du croquant et des épices, avec toutefois des tannins moins fins que les Cabernets.

A noter que le Cabernet Sauvignon et le Merlot sont les rejetons du Cabernet Franc (par croisements) :

Cabernet Sauvignon : croisement du Cabernet Franc et du Sauvignon
Merlot : Croisement du Cabernet Franc et de la Magdeleine noire (cépage originaire des Charentes qui est également la mère du Malbec par croisement avec le cépage Prunelard).

Le Cabernet Sauvignon est apparu au 17ème et le Merlot fin 18ème et probablement dans la région libournaise.

Le Cabernet Franc est lui originaire du pays basque et non de la région bordelaise et serait le cépage Biturica (ou son proche ancêtre) de la région bordelaise dont parlait déjà Pline l’Ancien au 1er siècle … Il est à l’origine de la famille des Carmenets.

Voyons donc voir ce que tout cela donne dans le verre !

On commence par un vin de rive droite de la Gironde :

Canon-Fronsac Château Moulin Haut-Laroque 2010
Un vin toujours en phase de jeunesse, un peu fermé mais avec de la complexité aromatique et de la délicatesse. Une bouche en demi puissance et assez droite. On retrouve en finale la petite rusticité des vins de l’appellation. Persistance correcte. Du joli travail, attendre encore 2 années avant de le boire. N.B. l’oxygène lui fait du bien. 
Il me semble que le terroir est dominant sur l’expression du cépage. On peine à trouver la fameuse caresse du Merlot pour le moment … A noter aussi la belle intégration du boisé. 14,5/20

Cépages: 65% Merlot, 20% Cabernet Franc, 10% Cabernet Sauvignon, 5% Malbec
Géologie: Calcaire à astéries sur sol peu profond et argilo-calcaire.
 Elevage: 100% en fûts, dont 35% de neufs, pendant 18 mois.

« Château Moulin Haut-Laroque est l’outsider numéro un sur la rive droite. Jean-Noël Hervé est le premier à avoir prouvé que l’on pouvait obtenir des finales grasses à Fronsac tout en ayant des vins corpulents. Il a libéré cette appellation de son complexe des tanins rustiques. Au début des années 2000, il réussit quelque chose de plus fameux encore: montrer que Fronsac peut s’affranchir d’un type de vin rond en milieu de bouche, mais simple en finale, pour passer à un vin élancé et profond, à la finale subtile et raffinée.” Source : Jean-Marc Quarin | Guide Quarin des Vins de Bordeaux | Septembre 2011 – Note Parker 90 – 92
A retenir: le libournais (rive droite) est le fief du Merlot dans le bordelais.

Ensuite, on part direction l’Argentine avec
Gala 2 2008 Luigi Bosca
Des arômes plus mûrs mais sans lourdeur, un coté plus ouvert, plus direct et qui ne manque pas de charme. L’attaque est relativement gourmande, charnue. Moins compact et serré que le précédent, on retrouve le tanin un peu plus sérieux du Cabernet Sauvignon en finale (bien que tout le monde n’était pas d’accord sur ce point ;-). Un peu moins de longueur aussi. Le tout est assez homogène et agréable. A boire, avec une belle bolognaise. 14/20

Région: Argentine, Luyan de Cuyo – Cépages: Cabernet Sauvignon 85%, Cabernet Franc 8%, Merlot 7%.
Entre 960 et 1050 m d’altitude. Géologie: sableux et cailloux, alluvions. Sols pauvres. 
Elevage: 100% en fûts, dont 35% de neufs, pendant 18 mois. Note Parker 91

Si le Malbec est le fer de lance du vignoble argentin, les autres cépages bordelais sont aussi très présents et l’assemblage est souvent très bénéfique dans ce pays au climat extrême (très chaud en été et très froid en hiver). Une très faible pluviométrie rend l’irrigation quasi indispensable.
A retenir: c’est la présence du fleuve Mendoza qui permet la viticulture grâce a son apport d’eau pour l’irrigation.

Retour en Europe (ou presque) :

Dariolo 2009 Philippe Darioli
On sent de suite la chaleur agréable des vins du Rhône et la fraicheur du vin « de montagne ». Un vin qui montre quelques signes de maturité et se présente plutôt avenant, bien que d’une complexité moyenne. C’est le moins tannique jusqu’ici et on attribuera cela au Cabernet Franc et Merlot. Bien avec une petite daube de Chamois bien confite. 14,5/20

Région: Suisse, Valais, Fully – Cépages: 60% Cabernet Franc, 40% Merlot.
Géologie: gneiss (roche modifiée par élévation de pression et de température; générée par exemple à partir du granite) granite, peu de calcaire. 
Elevage: en barriques pendant 12 mois (information à vérifier).

Le Valais a le plus grand nb d’heures d’ensoleillement (après le Tessin) de Suisse avec environ 2010 heures à Sion. Cela permet à des cépages de deuxième époque (env. à maturité 2, 5 semaines après le chasselas) d’arriver à bonne maturité. Le Cabernet Franc est originaire du pays basque et est un des parents du Cabernet Sauvignon et du Merlot. A retenir: le nom de Cabernet apparait pour la première fois en Valais en 1862.

On reprend l’avion direction le Chili :

Maipo Valley «Familia» De Martino 2008
Que voici un joli vin chilien ! Un vin qui affiche son coté crème de cassis avec aplomb et révèle une bouche assez élancée et concentrée à la fois. Ce coté un peu svelte nous change du coté bodybuildé trop souvent rencontré dans les grandes cuvées chiliennes. Le tanin est assez fin. Boire et attendre encore 2 ou 3 ans. Un vin facile à marier avec beaucoup de chose. Serait intéressant avec une soupe de poissons un peu épicée. 16/20

Région: Chili, Maipo Valley, Isla de Maipo – Cépages: 90% Cabernet Sauvignon, 5% Carmenère, 5% Malbec – Altitude : 550 m environ. Domaine de 300ha
Géologie: alluvions (Les alluvions sont un dépôt de sédiments d’un cours d’eau constitué, selon les régions et la force des courants, de galets, de graviers, de boues et de limons).
Elevage: 24 mois en fûts de chêne français neufs.

La Maipo Valley (environ 6000 ha) est réputée pour ses vins et particulièrement pour le Cabernet Sauvignon issu de la sous région du Maipo Alto (jusqu’à 800m), avec de bonnes expositions au soleil, une amplitude thermique entre le jour et la nuit et des sols alluvionnaires drainants. Le Climat est de type méditerranéen. Le vignoble est majoritairement constitué de vignes franches de pieds.
A retenir: la Maipo Valley est réputée pour la qualité de son Cabernet Sauvignon.

Un petit tour en Toscane :

IGT Toscana «Nambrot» 2007 Tenuta di Ghizzano (20 ha)

Tenuta di Guizzano

Un vin sérieux, de nouveau on peine à reconnaitre la douceur supposée du Merlot. C’est comme si finalement on retrouvait les notes plus fermes du Sangiovese dans ce vin. Alors qu’il n’y en a pas. L’effet terroir ? Moins sexy que le précédent vin, plutôt austère. Un petit manque d’allonge aussi. A boire avec un belle côte de boeuf saignante pour l’adoucir. 14,5/20

Région: Italie, Toscane, Colline Pisane (40 km sud de Pise) – Cépages: 70% Merlot, 20% Cabernet Sauvignon and 10% Petit Verdot. Géologie: argilo calcaire. Altitude : 200 m maximum. Climat modérée par la proximité de la mer. Région plus en polyculture que le coeur du Chianti. 
Elevage: en barriques de 1 et 2 vins pendant 18 mois. Pigeage aux pieds. Note Parker 92

Les cépages bordelais (Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet Franc) ont été introduits en Toscane dans les années 40 par le Marchese Mario Incisa della Rocchetta, créateur de Sassicaia, le premier «super toscan». La commercialisation officielle de ce vin débuta fin des années 60 et fût le déclancheur de la vague des vins d’assemblage bordelais en Toscane. N.B. Les puristes recherchent plus les vins issus du Sangiovese, jugés plus authentiques…

A retenir: La Toscane est la patrie du cépage Sangiovese mais la réputation de ce vignoble vient en bonne partie des «supers toscans» issus de l’assemblage de cépages bordelais, avec ou sans Sangiovese.

Cap au Cap en Afrique du Sud :

GVB 2007 Vergelegen (110 ha)
Un nez très fumé à tendance torréfié et des notes de piment. Original. Une bouche assez dynamique et sans lourdeur. Un tanin qui ne manque pas de finesse. Très bien. A boire avec un filet mignon de veau rosé, relevé d’un peu de piment d’Espelette et accompagné d’un Tian provençal. 16/20

Région: Afrique du Sud, Stellenbosch – Cépages: 88% Cabernet Sauvignon, 10% Merlot, 2% Cabernet Franc – Altitude : jusqu’à 600m à flanc de montagne. Géologie: majoritairement des sous-sols de grès, granit et schiste, avec des sols plutôt argileux. Note Parker 91
 Elevage: 18 mois en fûts de chêne français neufs.

Les premières vendanges en Afrique du Sud auraient eu lieu en 1659 (vignes plantées par des huguenots français et par les Hollandais). L’essor actuel de la viticulture date de la fin de l’Apartheid en 1004. Le vignoble est d’environ 100’000 ha. Plantation massive de cépages rouges il a environ 15 ans. Vignes jeunes. Vendanges en janvier/février lorsque le t° monte … 95% du vignoble est irrigué.
A retenir: le district de Stellenbosch reçoit l’influence océanique de False Bay, ce qui lui confère un température moyenne annuelle à peine supérieure à celle de Bordeaux.

Un parfum de bush avec le vin suivant :

Coonawarra Cabernet Sauvignon «Odissey» 2005 Katnook Estate (198 ha)
Probablement le vin le plus confit de la soirée mais étonnement sans lourdeur. Et tout étonnement avec un boisé fort bien intégré malgré ses 35 mois de passage en barriques !! (on nous aurait menti ??) Un tanin légèrement poudreux (un peu comme du cacao). Assez charnel et sensuel, plus Madonna que Lady Gaga. Un vin complet et dans sa quarantaine sportive. Avec une viande rouge + sauce réduite + note de cacao + épice. 17/20 

Région: Australie, Australie du Sud, Coonawarra – Cépages: Cabernet Sauvignon. Géologie: terre rouge (argile et calcaire décomposé). Altitude : 55 m. Coonawarra est en zone côtière et bénéficie d’un climat maritime moins chaud que dans la Barossa. Climat comparable à Bordeaux. Elevage: en barriques neuves (FR et US) pendant 35 mois. 96/100 James Halliday

De par sa taille, l’Australie a des climats très variables d’une région à l’autre ; le nord, très chaud et sec, se prête moins bien à la viticulture. C’est donc au sud et au sud-est du pays que se concentre essentiellement la production. Ainsi, l’Australie Méridionale (South Australia) La Nouvelle Galles du Sud (New South Walles) et la région de Victoria (Victoria) représentent 90 % de la production australienne. La surface viticole a triplée ces 15 dernières années (170 000 ha).
A retenir: 45 % de la production est issue de l’Australie Méridionale et les meilleurs vins de Barossa et Coonawarra. Coonawarra est réputée pour le Cabernet Sauvignon.

Et on termine avec « l’épreuve du temps » .. On déguste 3 vins issus du millésime 1998 :

Comte de Peney 1998 Domaine des Balisiers (25 ha)
Un vin dans l’hiver de sa vie mais toujours vivant. Fragile et évolué, mais aussi frais, élancé et délicat. Quand on pense que 70% au moins des vins de Bordeaux 1998 sont déjà enterrés on se prend de respect pour ce Comte de Peney toujours de ce monde. Suprême de volaille + poêlée de champignons + épice/poivre 14,5/20

Domaine des BalisiersRégion: Genève, Peney – Cépages: 2/3 Cabernet Sauvignon, 1/3 Cabernet Franc – Altitude : 450 à 500m. Géologie: roche mère mollasse et sols argilo limoneux avec un peu de calcaire. (La molasse est faite de couches de sable sédimenté qui ont été compressées avec le temps et transformées en grès. La moraine est un mélange de sédiments qui ont été transportés par un glacier et déposés lors de sa fonte). Elevage: Barrique

Domaine emblématique de Genève, les Balisiers appliquent depuis longtemps les principes de la viticulture biologique et depuis quelques années la biodynamie. Une partie des vins rouges est à présent élevée en amphores. A retenir: Le Cabernet Sauvignon est un cépage de 2ème époque qui murît difficilement à Genève. Des petits rendements sont indispensables. Le réchauffement climatique permet actuellement de meilleurs résultats.

Napa Valley Cabernet Sauvignon 1998 Caymus (30 ha)
Fin et délicat, de la vitalité, un toucher de bouche assez soyeux. Finale homogène entre un tanin fin et une touche moelleuse. Bluffant. Intéressant. A boire et probablement encore 2 ou 3 ans devant lui. Risotto à la truffe noire. 18/20 

Région: Californie, Napa Valley, Rutherford – Cépages: 83 % Cabernet Sauvignon, 17 % Cabernet Franc. Elevage 20 mois en barriques. 91/100 Wine Spectator Géologie: sols très variés, graviers et argiles bien drainés, roche, cendre volcanique, quartz, argile sableux. Altitude : (Rutherford) 33 à 150 m. Climat (Rutherford) méditerranéen, influence brises marines et contraste des températures diurnes et nocturnes.

La Napa Valley est un vignoble d’environ 16 000 ha et réputée pour le Cabernet Sauvignon. Le Jugement de Paris en 1976 (les vins de Californie supplantèrent les vins de Bordeaux et de Bourgogne dans une dégustation à l’aveugle) révéla au monde la qualité de ses vins.

Pessac-Léognan Château Smith-Haut-Lafitte 1998
Toujours debout, plus charpenté que Caymus, plus bordelais en fait avec cette touche d’austérité typique de ce climat océanique alors que dans les climats de type méditerranéens on obtient quelque chose de plus moelleux.
Assez classieux sans être cosmique, avec peut-être 6 à 7 ans encore devant lui. Avec la fameuse côte de boeuf aux sarments ! 17,5/20.

Leognan-Sol-de-graves-garonnaises-Vignes-du-Chateau-Carbonnieux-C-M.CRIVELLARORégion: Bordeaux, Graves – Cépages: 55 % Cabernet Sauvignon, 30 % Merlot ,13 % Cabernet Franc , 2 % Petit Verdot – Altitude : max 70 m. Parker : 90/100 Géologie: calcaire à astéries, argiles, marne , sables, alios et faluns constituent le soubassement. Ces formations géologiques sont soit recouvertes de graves garonnaises du Günz , soit de graves pyrénéennes de  20 centimètres à 3 mètres d’épaisseur,  ou affleurent à certains endroits du vignoble. Elevage: 18 mois en barriques (80% de bois neuf), produites dans la tonnellerie du château.
Climat: Océanique tempéré – Le vignoble est protégé des vents d’ouest par la forêt landaise. la proximité de la Garonne et de l’océan atlantique lui apprte douceur et hygrométrie.
A retenir: Pessac-léognan est une enclave dans les Graves d’où proviennent tous les grands crus classés des Graves. Vins réputés pour leur finesse.

Une belle série et des surprises. Par ex. nous n’avons pas trouvé ce coté alcool dominant si redouté dans les vins du nouveau monde. De même le boisé tout aussi redouté ne faisait pas partie non plus du jeu. Preuve que les temps changent et que finesse et équilibre rentrent dans le vocabulaire du nouveau monde viticole ? Il semblerait.

BC