Quelques mots – sans trop rentrer dans le détail – sur l’atelier de dégustation de jeudi 05 décembre à Genève. L’idée, comme toujours, était de découvrir les spécificités du vignoble et de déguster des vins emblématiques et/ou représentatifs, avec un accent très fort mis sur la production artisanale et la plus naturelle possible (comprendre avec le moins de produits chimiques de synthèse possible).

P.S. Pour peut-être mieux comprendre la Champagne il ne serait pas inutile de jeter un oeil sur le document ci-dessous qui donne quelques informations de base (cliquer sur l’image pour afficher le PDF).

Fiche Champagne petite

On débute avec le Champagne Brut Premier de la Maison Louis Roederer, élue marque de Champagne n°1 par la Revue des Vin de France dans son dernier numéro. Il fallait goûter. C’est ce qu’on appelle le « Brut Sans Année », la base de la Champagne (85% de la production) ; résultat de l’assemblage chaque année du vin de l’année avec des « vins de réserve » et de raisins issus de différentes régions viticoles de la Champagne, selon sources d’approvisionnement de la marque, et aussi de l’assemblage des trois cépages de la Champagne : Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier.
D’après la Revue des Vins de France, Roederer possède 214 ha de vignes et achète « 100 ha » de raisins. C’est beaucoup mais moins que Veuve Clicquot qui possède 388 ha et achète 1’100  ha de raisins !!!
L’idée dans le BSA est d’avoir un style « Maison » que l’on reproduit chaque année, grâce aux différentes possibilités offertes par les vins de réserve, les différentes origines et cépages.

In fine on cherche surtout à faire un Champagne dont le goût soit accessible à une majorité de personnes, tout en jouant avec des matières premières forcément inégales en qualité, vu les volumes traités . Ce qui veut dire aussi que l’on va gommer tout trait de caractère un peut trop saillant et tendre vers quelque chose de très consensuel. De là à dire que le BSA des grandes maisons est souvent ennuyeux …

Bon, le Brut Premier de Roederer est peut-être plus précis que celui d’autres grandes marques mais il ne laissera pas, lors de cet atelier, un grand souvenir. La bulle est peu persistante, le dégagement gazeux en bouche n’est pas désagréable (c’est la base) mais il y a peu d’allonge et la finale est amère, un peu sèche, un peu chaude. Manque d’esprit et de gaieté. C’est tout de même autour des 40 euros … 5/10

On continue avec un pur Pinot Meunier de l’excellent domaine Egly Ouriet « Les Vignes de Vrigny » 1er Cru. Ca vient de la Vallée de la Marne, fief du Pinot Meunier, cépage réputé un peu plus simple que le Chardonnay et le Pinot Noir, vieillit plus rapidement, plus vif, fruité. Il se présente avec une bulle plus tonique et une bouche plus dynamique avec une acidité un peu mordante en finale, mais le tout est cohérent et homogène. Un brin rustique. Un joli vin d’apéritif pour exciter les papilles ! 6,5/10

Drappier Champagne

On part plus au sud, à coté de Troyes, sur le réputé terroir de Montgueux avec un Extra Brut Blanc de Blanc (pur Chardonnay) « Les Vignes de Montgueux » de Jacques Lassaigne. Un cordon de bulles un peu plus persistant à la surface du verre que les deux précédents et le coté plus crémeux en bouche typique des Chardonnays. Ce n’est pas un Champagne avec beaucoup de corps (c’est l’entrée de gamme du domaine) mais il sera parfait à l’apéritif. Homogène, de la finesse. 6,8/10

Histoire de contrôler la concentration des participants (vaguement dissipés ce soir là, le sujet de l’atelier amenait à une ambiance plus festive que didactique) , on sert un Champagne à l’aveugle. Est-ce un Pinot Meunier, un assemblage ou un Chardonnay ? Une belle mousse assez persistante, une bouche concentrée, dense et moelleuse avec une finale minérale, riche, assez longue. Alors ? Et bien, Blanc de Blanc Grand Cru Avize de Martine Fallet. Chardonnay donc, Côte des Blancs. Une belle découverte ! Un micro « domaine », peu de bouteilles, à l’ancienne sous tous les aspects. Ca sent la vieille vigne qui n’aurait pas trop vue de produits chimiques, ça sent l’élevage sous bois (?). C’est très bon. Petite touche oxydative qui termine le tableau d’un trait inimitable. Du corps et de l’esprit. 8,5/10 P.S. C’est du même niveau que la cuvée Initial d’Anselme Selosse (même commune viticole) mais c’est le tiers du prix. J’y reviens plus bas …

Transition avec un rosé de saignée 1er Cru extra brut de Larmandier Bernier, également au top des vignerons indépendants de la Champagne. Un rosé de macération donc (on peut mélanger vin blanc et vin rouge pour faire du rosé en Champagne) et non d’assemblage. C’est vineux, puissant, homogène, bulle persistante. Un Champagne de repas. 7/10

Un peu plus bas que la fameuse Côte des Blancs, fief du Chardonnay, il y a le méconnu sézannais. Mais de moins en moins méconnu car il y a depuis quelques années un vigneron de grand talent. Olivier Collin, domaine Ulysse Collin, élabore des cuvées précises et vibrantes, comme ce Blanc de Noir (Pinot Noir) « Les Maillons » extra brut à la couleur très légèrement cuivrée (comme tout Champagne issu de raisins noirs et non décoloré) et aux arômes de baies. Le cordon de mousse est bien persistant (signe de qualité) et la bulle parfaitement intégrée à une matière souple, dense et puissante. Un Champagne de repas. Viandes blanches, Loup de mer en Croûte de sel, Oursins, voire un carré d’agneau rosé dont on  croquerait la chair tendre et juteuse … 8,5/10

Carte_vignoble_Champagne

Le domaine Jacques Selosse est devenu quasiment mythique ! On est dans l’excellence, dans le visionnaire, dans l’iconoclaste même, dans le très bon surtout. La cuvée Initial, Blanc de Blanc Grand Cru  de la Côte des Blanc est l’entrée de gamme  du domaine (une centaine d’euros sur le marché quand même). Il est donc normal que cette cuvée ne soit pas la plus ébouriffante du vigneron. Comparativement au Blanc de Blanc de Martine Fallet (même commune) la cuvée Initial est peut-être plus en élégance et en légèreté, mais avec un peu moins de fond et de caractère. Un très joli Champagne d’apéro mais peut-être un peu surtarifé. 8/10

Pour finir on déguste à l’aveugle deux Champagnes millésimés. La Grande Sendrée 2005 de la maison Drappier dans l’Aube, assemblage de Pinot Noir et de Chardonnay et Dom Pérignon 2002, assemblage aussi d’environ 50% de Pinot Noir et 50% de Chardonnay. Les deux vins ont vieilli 6 à 7 ans sur lattes avant commercialisation. Dégustés à l’aveugle une petite majorité a préféré Dom Pérignon, qui se présente encore jeune, un peu boisé, toujours un peu  en réduction à l’ouverture. Je le trouve un peu grossier en fin de bouche, un peu massif, mais certainement il va s’améliorer et le coté chic/ostentatoire peut plaire.  A revoir dans quelques années avec un mets classique et chic, un filet de boeuf Rossini (avec foie gras). Environ 4 à  5 millions de bouteilles produites … 7/10

La Grande Sendrée est moins impressionnante, plus tendue, avec – à mon avis – plus d’équilibre aujourd’hui et une bulle plus fine. Un Champagne autant de début de repas pour son coté aérien que de repas pour son coté assez éclatant. Crustacés, poissons, risotto aux fruits de mer ou à la truffe blanche. 8,5/10

Ah, tiens au fait, le Champagne de Martine Fallet, on le trouve chez Mi-Food Mi-Raisin, autour des CHF45.00 🙂 

Et on trouvera chez Lavinia une belle sélection de Champagne, ainsi qu’au Caveau de Bacchus à Rive (Genève) et à Lausanne.

En savoir plus sur le vignoble de la Champagne ICI

BC

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s