Atelier de dégustation Côte Rôtie, Cornas & Hermitage

Publié: novembre 2, 2013 dans Cours de Terre Oenophile
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La  Syrah fait partie des « grands cépages » qualitatifs reconnus. Comme très bien expliqué par l’Académie Internationale du Vin, ce cépage est originaire de la vallée du Rhône, fille de la Mondeuse Blanche et du Dureza. Voici donc un cépage autochtone parfaitement adapté aux terroirs à dominante granitique des appellations de la Vallée du Rhône nord, dont les plus réputées sont la Côte Rôtie, le Cornas et l’Hermitage.

Nous avons voulu tenter, jeudi 31 octobre, de comprendre ce qui différenciait fondamentalement ces trois appellations, d’un point de vue organoleptique. C’est un atelier de dégustation comparative que nous proposons environ une fois par année, à Genève et à Lausanne.

Sans rentrer ici dans un compte rendu exhaustif, fastidieux (et disons-le, probablement barbant à lire…), nous nous sommes appliqués à vérifier si la théorie était valable, c’est à dire :

Cornas : le plus riche en alcool (appellation la plus au sud), avec un tanin plus marqué que la Côte Rôtie et un rien plus rustique que l’Hermitage.
Côte Rôtie : le plus en finesse, avec un « corps » plus élancé, un tanin plus souple, une acidité un poil plus marquée et des notes plus parfumées.
Hermitage : on pourrait le voir comme la synthèse du Cornas et de la Côte Rôtie, un tanin affirmé et mais plus noble que le Cornas, un corps plus architectural que la Côte Rôtie. Puissance et velours.

Bingo ! Effectivement, c’est à peu près ce qui s’est passé dans les verres, avec  une première série du millésime 2010, belle année de garde.

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Un Cornas, excellent, de Matthieu Barret, issu du lieu-dit  « La Patronne », un vin dominé par sa structure tannique de jeunesse, mais avec un beau milieu de bouche concentré et gourmand. Belle complexité aromatique et déjà une certaine « buvabilité ». Un coup de coeur !
La Côte Rôtie de Patrick Jasmin s’est fait un devoir de respecter les canons de l’appellation (secteur de la Côte Blonde) avec un profil plus mince (mais pas maigre) et délicat. Belle finale aromatique, cette fameuse « queue de paon » dont parlait nos aïeux … C’est à dire une montée en puissance du vin entre l’attaque en bouche et la finale, après ingestion. Minéral. Vin en devenir.
L’Hermitage de Gilles Robin a aussi joué le jeu en se présentant plus « carré », dense et puissant. Un rien un peu trop marqué par l’élevage en barriques.

Ensuite, une deuxième série , sur le millésime 2009 cette fois-ci :

Le Cornas « Renaissance » du domaine Clape donne le ton de ce millésime plus solaire que 2010, avec une bouche plus moelleuse et veloutée que le Cornas de M. Barret, le tanin est présent mais plus lisse. Joli vin.
La Côte Rôtie « Classique » de Clusel-Roch (secteur Côte Brune) se présente sous un profil similaire, mais avec plus d’allonge et un nez plus parfumé, avec cette note de graphite caractéristique de l’appellation. Un peu plus structuré que le 2010 de Jasmin. Joli vin.
L’Hermitage « assemblage » de différents lieux-dits de Bernard Faurie est sculptural, impérial , droit, sérieux. Un grand vin.

Puis, pour jouer un peu, dégustation à l’aveugle d’un vin « pirate », la Syrah 2009 de Denis Mercier (Valais), un vin quasi introuvable et mythique en Suisse. et considéré comme l’égal des meilleures Syrahs du monde.  Il était donc tentant de le faire monter sur le ring avec les terroirs les plus réputés au monde pour ce cépage.
Très beau vin effectivement et impossible à mettre sur le territoire suisse à l’aveugle, c’est un vin qui a « quelque chose de plus » que la majorité des vins de Suisse. Cependant, les participants ne se sont pas fait piégés … Ils ont envisagé un vin plus au sud, mais pas un Cornas, ni une Côte Rôtie ni un Hermitage. Un peu moins de longueur en bouche, un peu moins de concentration, un peu moins de complexité (en tout cas, en comparaison des vins dégustés durant cette soirée).

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Dernière série, avec deux vins de 2005 servis aussi à l’aveugle :

Cornas « Vieilles Fontaines » du domaine Alain Voge. Une référence de l’appellation. Le tanin s’est assagi et la bouche est ample, sans toutefois la finesse d’une Côte Rôtie ou la puissance tranquille d’un Hermitage. Un joli vin, mais je m’attendais à quelque chose d’un peu plus percutant…
La Côte Rôtie « Les Grandes Places » de Stéphane Montez est, de nouveau, plus longiligne et un peu plus élégante. Mais, on ressent une petite faiblesse de constitution en milieu de bouche et une petite perte d’éclat. N.B. Ce vin, dégusté il y a un an, m’avait paru plus vibrant.

Les participants ont, majoritairement,  identifiés les bonnes appellations !

Et pour finir, un Hermitage « La Chapelle » 1988 de la maison Paul Jaboulet. Une cuvée mythique, le 1961 est considéré comme une des plus grands vins du monde !
Cette bouteille de 1988 n’est pas à ce niveau (je soupçonne un souci de conservation). Un nez un peu trop évolué, un peu sur la moisissure, faiblesse de constitution et finale maigrelette. A revoir avec une autre bouteille …

En conclusion, une jolie dégustation, avec des vins hautement expressifs, et la sensation d’avoir un peu mieux compris ces trois appellations.

Vivement la prochaine !

BC
www.terre-oenophile.ch

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