Des vins qu’il faut avoir dégustés dans sa vie

Publié: août 27, 2012 dans Conseils d'achats
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Voici une sélection (EVOLUTIVE) des vins que tout amateur curieux doit avoir dégustés dans sa vie.
Le but n’est pas de citer les meilleurs vins de chaque région viticole mais de mettre en lumière des grands vins accessibles (souvent autour des 50 euros) et peu connus des neophytes. Des valeurs sûres à prendre avec soi sur la fameuse l’île déserte qui nous attend, impatiente. Les prix indiqués sont ceux du commerce de détail.

Commençons donc par notre pays, la Suisse, pays du Chasselas, avec le
Dézaley « Haut de Pierre » de Blaise Duboux . Un chasselas épuré, issu d’un beau terroir. Tous les vins du domaine sont excellents. S’il n’y avait qu’un chasselas du canton de Vaud à déguster ce serait celui-là… 20 euros environ. Les filets de perche meunière en frétillent!

Le canton de Neuchâtel accouche d’un grand Pinot Noir :
Pinot Noir « Les Margilles » de Jacques Tatasciore. Prix haut de gamme (autour des 50.00 euros dans le commerce) mais beau. La cuvée « Les Rissieux » est, semble-t-il, encore supérieure. Une belle côte de veau au jus n’attend que ça.

En Valais, il y a beaucoup de jolies choses et surtout une énorme potentiel. Dès que les vignerons se tourneront un peu plus vers le travail des sols, de plus petits rendements, et laisseront s’exprimer les levures indigènes… Et bien le Valais pourra alors revendiquer  la place qui lui revient, celle d’un des plus grands terroirs viticoles de monde. Des vignerons comme Didier Joris, Stéphane Reynard et Dany Varone (Cornulus), Fabienne Cottagnoud, Simon et Jérôme Favre (caves d’Anchettes), Andréa et Marc Balzan (Chérouches) ou encore Marie-Thérèse Chappaz démontrent déjà bien tout cela.

Grain Noir de Marie-Thérèse Chappaz à Fully. C’est l’assemblage « bordelais » du domaine, à base de cabernet et de merlot. Un vin avec beaucoup de sensualité et de profondeur. 40 euros environ. Une belle pièce de boeuf sur le barbecue, des sarments de vignes, et le monde sera beau.

– La cuvée « Ambre » de Christophe Abbet. Un grand liquoreux suisse! Christophe est un des vignerons suisses les plus inspirés et talentueux. A déguster pour lui même.

Dans les Grisons il y a un vin blanc énorme, issu d’un cépage autochtone (Completer) dans un registre oxydatif qui rappelle un peu les vins jaunes du Jura :

Completer Reserve (2000) d’Adolf Boner à Malans. Un vin élevé 3 années en barriques, peut-être le plus grand vin blanc de Suisse. Prix élevé mais justifié : 80 euros environ. Etonnant, mais fonctionne bien avec un andouillette poêlée et une petite réduction de vinaigre d e vin jaune… Viandes blanches, un vieux Comté, un vieux Gouda…

Chez nos voisins italiens il y a évidemment tant de belles choses ! Dans le Piémont, LE grand terroir d’Italie, il faut déguster :

– Barolo Monprivato (1996) de chez Mascarello. Elégant, racé, sensuel. Enorme! 65 euros environ. Avec une cuisse de pintade cuite en cocotte et posée sur un petit risotto aux champignons. Un boeuf braisé au Barolo.

En Toscane, pays du Sangiovese, on peut se faire une bonne idée de la grandeur du cépage en dégustant :

Percarlo de la Fattoria San Giusto A Retennano. 50 euros environ. Un vin riche qui appelle une cuisine consistante mais pas forcément rustique, comme des noisettes de chevreuil sautées et réduction de balsamique.

En Sicile, plus précisément sur le terroir de l’Etna :

– La cuvée « Gardiola » (2005) de la Tenuta Terre Nere. 30 euros environ. Ce vin ressemble bcp à un beau Pinot Noir de Bourgogne. A déguster avec une volaille fermière mijotée avec des herbes du sud et des olives Kalamata.

Dans le Frioul il y a l’excellent :

Schioppettino (cépage autochtone) du domaine Bressan. Un vin rouge avec beaucoup de naturel et une vraie race. Prix autour des 20 euros. Un vin gourmand, à l’aise avec une belle pasta aux Gambas et légèrement tomatée.

En Campanie (patrie du réputé vin de Falerne durant l’antiquité) :

Terra di Lavoro (2007) de Galardi. Ce vin médiatique, composé de 80% du cépage Aglianico et 20% de Piedirosso, est l’un des fleurons du sud de l’Italie. A attendre quelques années. 50.00 euros environ. Un vin sérieux pour la chasse.

L’Espagne viticole se présente souvent sous la forme d’un point d’interrogation pour l’amateur de vin exigeant. Des grands terroirs et une vraie tradition viticole, mais des résultats souvent décevants avec des boisés trop marqués et une tendance « confiture » qui n’est pas dû qu’au réchauffement climatique. Une mode passagère, c’est certain. D’ailleurs une nouvelle génération de vignerons se fait déjà entendre :

El Quemado (2009) D.O Arlanza, Olivier Rivière. Un grand vin d’Espagne issu majoritairement du cépage Tempranillo. 60 euros environ. Plutôt velouté et gourmand, se mariera avec une pièce de boeuf épaisse, saignante et soulignée d’une réduction à base de vin rouge.

Qui veut goûter un beau Rioja recherchera un millésime un peu ancien du domaine de la Rioja Alta :

Gran Reserva « 904 » (1995, mis en bouteille en 2002…), Domaine de la Rioja Alta. Tout le charme du classicisme espagnol tel qu’on l’imagine. 60 euros environ. Avec un lapin aux pruneaux!

Le Grand vin d’Espagne, celui qui a fait ses preuves au vieillissement, c’est :

Ribera Del Duero, Vega Sicilia « Unico ». Très grand. Issu de très longs élevages. Prix très élevé mais justifié : 300 euros environ pour le 1998… A déguster seul ou avec un beau jambon Pata Negra…

La France est toujours ce pays béni de Bacchus! Des grands terroirs, enfants d’un climat  et d’une géologie idéals pour obtenir de grands vins, une grande diversité, et des prix qui restent très sages, en dehors des vins spéculatifs bien sûr. L’embarras du choix donc.

Dans la vallée du Rhône :

L’Ermitage rouge cuvée Cathelin de Jean-Louis Chave. 2500 bouteilles seulement de cette cuvée produite uniquement dans les grandes années. Tout simplement l’égal de ce qui se fait de plus grand dans le monde viticole. Introuvable et spéculatif, mais sait-on jamais? A déguster seul ou avec quelques côtes d’agneau de lait accompagnées d’une belle tapenade noire.

Le Châteauneuf-du-Pape d’Henri Bonneau. De la cuvée « Classique » (environ 90 euros) aux cuvées « Marie-Beurrier » (env. 220 euros) et « Réserve des Célestins » (environ 350 euros), tout est grand. Difficile à trouver mais pas impossible. Fonctionne bien avec la truffe noire : risotto ou des cailles farçies.

Toujours dans la vallée du Rhône mais plus démocratique :

Côtes du Rhône « La Mémé » (2009) du domaine Gramenon. Un petit délice pour environ 30 euros. Un Gigot d’agneau à basse t° sera parfait.

On connaît la Provence pour ses rosés mais pas forcément pour ses grands vins rouges :

Bandol « La Migua » du domaine Tempier. Environ 40 euros. Le Bandol est véritablement un grand terroir à vins rouges de longue garde (entre 10 et 40 ans) à des prix raisonnables. Un cabri rôti aux herbes de Provence.

Vin de Pays des Bouches du Rhône du domaine de Trevallon. En rouge et en blanc, les vins de ce domaine sont incontournables. 50 euros environ. Des vins nobles et puissants qui ont besoin de répondant… Un loup au pastis pour le blanc et une souris d’agneau confite sur un lit d’aubergines et poivrons rouges confits à l’huile d’olives.

Le Languedoc foisonne de très jolis vins à prix abordables mais aussi de quelques pépites :

Vin de pays d’Oc La Grange des Pères. Environ 60 euros. En rouge et en blanc, il faut attendre quelques années avant d’ouvrir… Idem le Domaine de Trevallon pour les accords mets et vins.

Faugères « Valinières » domaine Léon Barral. Environ 40 euros. Un vin impressionnant.  Je verrais bien une cuisse canard confite et croustillante, avec quelques pommes de terre en gratin.

– Le Roussillon offre des vins solaires, caillouteux, racés :

Banyuls Hors d’Age du domaine du Mas Blanc. 50 euros environ, Un vin de méditation issu du système de la Solera. Entre oxydation, douceur et minéralité. A savourer en fin de repas avec un chocolat noir de bonne facture ou un vieux Stilton.

Collioure « La Pascole » (2008) de Bruno Duchêne. Un vin étoffé qui remue, qui décoiffe, qui subjugue. Tout ça pour environ 30 euros… Viandes rouges confites, soupe de poisson au piment d’Espelette.

En Corse, les beaux vins ne manquent pas, avec une mention spéciale pour :

Patrimonio « Carco » rouge et blanc d’Antoine Arena. Tous les vins du domaine sont au top. Médaillons de marcassin et compotée de fruits rouges pour le rouge et tajine de poisson au citron confit pour le blanc.

Le Beaujolais est un prétendant sérieux au titre de vignoble le plus sous-estimé de l’hexagone. Le Beaujolais Nouveau a donné une mauvaise image de marque au vignoble. Pourtant il y a vraiment de beaux terroirs et un réel potentiel de garde dans les meilleurs Cru :

Fleurie « Ultime » d’Yvon Métras. 38 euros environ. Rare et précieuse, la cuvée Ultime est un Gamay superlatif. Viandes blanches, canard, volailles. Poulet rôti et pommes de terre au four…

Brouilly « Cuvée des Fous » de Jean-Claude Lapalu. 25 euros environ. Un autre fleuron du Beaujolais. Un beau saucisson truffé.

Le Jura n’est pas mal non plus dans le rôle du vignoble mal compris, mais c’est tant mieux pour ceux qui aiment car les prix restent sages. Il faut absolument tenter de dégoter une bouteille de :

Vieux Savagnin ouillé de la maison Houillon-Overnoy. C’est énorme, aussi grand que le plus grand des vins blancs de Bourgogne. Environ 50 euros. Un vieux Comté, un risotto aux morilles.

Autre référence dans le Jura, Jean-François Ganevat ne propose que des petites bombes, comme :

Poulsard « Les Enfants Terribles » (2009, 2010). Le poulsard est un cépage à découvrir, une sorte de mix gustatif entre le Pinot Noir de Bourgogne et le Gamay du Beaujolais. Celui de JF Ganevat est d’une grande pureté et d’une buvabilité étonnante. Volailles, poisson, viandes blanches, apéro…

Vin Jaune (2002) de Jean-François Ganevat. Le vin Jaune est un vin superlatif, déconcertant pour le neophyte, jouissif pour l’amateur éclairé. Une complexité énorme. A tenter avec un vieux Comté ou le fameux poulet au vin Jaune.

En Bourgogne, tant de grands vins, difficile de faire un choix mais il y a quelques priorités :

Pouilly-Fuissé « Clos Noly » (1998) du domaine Valette. Un grand blanc de Bourgogne à prix accessible (environ 50 euros). Elevé longtemps en barriques ce vin est marqué par des notes oxydatives qu’il faut savoir apprécier. La complexité et le volume de ce vin sont impressionnants. Poulet au citron, turbot poché avec un petit beurre blanc.

Vosne-Romanée « Hautes-Maizières » du domaine Prieuré Roch. 120/150 euros environ. Etonnants, bluffants, purs, vibrants, déroutants, grands, … Les vins du Prieuré Roch sont tout ça et plus encore! Faisan, pintade, filet mignon de veau.

Beaune 1er Cru du domaine de Chassorney. Un Pinot Noir éblouissant de soyeux! Environ 30 euros. C’est le moment de sortir le coq au vin!

Bourgogne Grand Ordinaire, rouge et blanc, de Bernard Van Berg. Des vins épatants qui bousculent la theorie de meilleurs vins provenant des coteaux. Ici, la vigne est sur de plat. Mais le travail d’artisan et d’artiste de Bernard Van Berg atteint sommets… Les prix aussi! Viandes blanches, volailles.

L’alsace et l’Allemagne sont la patrie d’un grand cépage blanc : le Riesling. Foin du cliché Riesling & choucroute, ce cépage a bien d’autres histoires à raconter :

Riesling Grand Cru Rangen de Thann Clos St. Urbain du domaine Zind-Humbrecht. 55 euros environ. Grand vin blanc à ne pas ouvrir avant une bonne dizaine d’années, avec un homard bleu de Bretagne juste poché…

Riesling Spätlese Scharzhofberger d’Egon Muller. (60 euros environ)De nouveau, attendre une dizaine d’année pour apprécier ce vin tout en dentelle à sa juste mesure.

Le vignoble de la Loire héberge un grand nombre de vins réputés. Au top, il y a :

Anjou blanc « Les Nourrissons » de Stéphane Bernaudeau. Un Chenin époustouflant! 40 euros environ. Crustacés, poissons à chair délicate.

Saumur Champigny « Le Bourg » du Clos Rougeard. Un domaine mythique et un vin à attendre bien 10 ans avant d’ouvrir. Un Cabernet Franc au summum. Environ 70 euros. Viandes rouges, foie de veau, rognon cuit entier. Fricassée de champignons.

C’est souvent avec un très grand vin de Bordeaux que le déclic se fait pour le neophyte, ou se faisait … vu la montée des prix ces dernières années. S’il fallait en choisir un seul parmi les plus grands, presque abordable :

Château Léoville-Las-Cases 1982, 2ème Grand Cru Classé de Saint-Julien. A réserver pour un moment qui compte et qui sera embelli par ce vin. Autour des 400 euros. La côte de Boeuf grillées sur des sarments de vigne est tout indiquée!

Sinon, autant que possible, il faut rechercher des millésimes anciens :

Château La Lagune 1978, Moulis-en-Médoc. Environ 65 euros. A maturité et tout en délicatesse et fraicheur. N.B. La qualité variera considérablement selon les conditions de stockage du vin. Viandes blanches, filet d’agneau. Une cuisine sans fioritures.

La Champagne regorge d’excellents vins et propose une palette de goûts exceptionnelle. A découvrir absolument :

Champagne brut blanc de blanc « Les vignes de Montgueux » de Jacques Lassaigne. Un Champagne éclatant et racé. 35 euros environ. Un magnifique champagne de début de soirée. Début de repas, viandes blanches, lotte aux cèpes.

Champagne extra brut « Les Béguines » de Jérôme Prévost. Un Champagne non dosé ciselé et minéral à souhait. 50 euros environ. Début de repas, crustacés, risotto aux fruits de mer.

Champagne brut « Substance » de Jacques Selosse. Un vigneron incontournable et une cuvée rare et particulière car issue d’un Solera débutée en 1986. Environ 150 euros. Crustacés, viandes blanches, Poissons d’eau douce.

Bonne dégustation!

P.S. Les vins du nouveau monde seront traités ultérieurement.

BC

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